Les exceptions de la langue française, et autres règles bizarres

Publié le 07/05/2026
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La langue française regorge d’exceptions et de règles qui semblent parfois défier toute logique. Cet article explore ces particularités fascinantes (et un poil déconcertantes) et liste certaines des exceptions de la langue française les plus connues, ainsi que des règles orthographiques qui semblent insolites ou illogiques.

Folie, un des mots représentatifs de la langue française...
De la folie ? Non, juste la langue française

Avant-propos : Pourquoi la langue française est-elle si difficile ?

La langue française est loin d’être la langue la plus simple à apprendre. Entre l’orthographe — véritable usine à gaz — et les règles de grammaire et de conjugaison qui regorgent d’exceptions : difficile de ne pas devenir complètement zinzin. En réalité, beaucoup de ces difficultés résultent de l’évolution du latin vers le français, des emprunts à d’autres langues et des décisions souvent arbitraires des académiciens. La langue évolue continuellement, et certaines règles qui pouvaient sembler autrefois logiques peuvent aujourd’hui paraître totalement… démentes.

Rassemblons ce qu’il nous reste de raison et embarquons dans les méandres des exceptions de la langue française, immense asile duquel il est difficile de sortir indemne.

Exceptions de la langue française n°1 : les délires de l’orthographe

Quelles sont les principales difficultés de la langue française ?

Lorsqu’on parle français, il est possible de se trouver confronté à plusieurs sortes de difficultés : solécismes, règles tarabiscotées de la grammaire ou de la conjugaison, la liste est longue. Par essence, certaines fautes ne sont possibles qu’à l’écrit : ce sont les fautes d’orthographe. Pourtant, quand on regarde de plus près, difficile de ne pas faire d’erreurs tant les règles à suivre sont parfois… illogiques. Voyons ensemble quelques exemples.

Oups, il y a une faute d’orthographie  

Suprême ironie du sort, le mot « orthographe », qui désigne une discipline exigeante qui nous rend un peu (beaucoup) mabouls, est en réalité une forme fautive du mot… orthographie.

En effet, le mot « orthographie », qui est apparu au XIIIe siècle, provient du latin orthographia, lui-même emprunté au grec orthographia, qui signifie « écriture correcte ». Il est composé de « orthos » qui signifie « droit, juste, sensé », et de « graphein » qui signifie « écrire ».    

En réalité, ce n’est qu’au XVIe siècle que le mot « orthographe » va apparaître, mot dont la forme ancienne est bel et bien « orthographie » ! Voilà donc pourquoi on utilise le verbe « orthographier » et non « orthographer ».

L’incohérente et déraisonnable orthographe  

On écrit le mot « charrette » avec deux -r, mais le mot « chariot » avec un seul -r.

Même chose avec :

  • Consonne/consonance
  • Bonhomme/bonhomie
  • Combattre/combatif
  • Imbécile/imbécillité
  • Battre/bataille
  • Souffler/boursoufler
  • Siffler/persifler

Et la liste de ces invraisemblances est longue ! Au point que certains académiciens pourraient être tenus pour responsables des difficultés rencontrées par les apprenants.

Petites trahisons du lexique de la langue française

Le « monsieur », symptôme du mal qui touche l’orthographe française

« Monsieur » est sans doute le mot le plus étonnant de la langue française. En effet, dites ce mot à voix haute et vous verrez la différence hallucinante entre la prononciation et l’écriture.

Apparu à la fin du XIVe siècle, « monsieur » est né de la soudure entre « mon » et « sieur ». Messire, monseigneur et monsieur sont d’ailleurs étymologiquement synonymes. Enfin, au pluriel, « Monsieur » devient ainsi « Messieurs ». Dingue, n’est-ce pas ?

Ajoutons à cette bizarrerie d’autres fameuses exceptions de prononciation :

  • Au singulier, on prononce les dernières lettres des mots : un œuf, un bœuf et un os.
  • Mais au pluriel, on ne les prononce plus : des œu(fs), des boeu(f)s, des o(s) !    

Même chose avec les chiffres six, huit et dix qui, lorsqu’ils se trouvent devant un mot qui commence par une consonne ou un h aspiré, ne se prononcent plus de la même manière : la dernière lettre devient absente !

  • Ainsi, on dit bien : si(x) trucs, hui(t) hiboux, di(x) dollars.
  • Mais, on fera ailleurs la liaison et on dira : six heures, huit euros, dix amis.

Les homonymes, ou quand on commence à voir double

S’il fallait donner un exemple qui démontre la perversité de la langue française, les homonymes arriveraient sans doute à la première place de notre classement.

En effet, il existe des dizaines de mots qui se prononcent de la même façon, mais qui n’ont pas du tout le même sens – pire encore, certains changent même de genre ! (on vous donne quelques exemples juste après).

Après tout, pourquoi faire simple quand on peut compliquer la vie des gens ?

Masculin Féminin
Un livre : volume relié ou broché Une livre : ancienne unité de poids
Un manche : partie par laquelle on tient un instrument Une manche : partie de vêtement qui couvre le bras
Un mémoire : document écrit Une mémoire : faculté de se rappeler, de se souvenir
Un vase : un récipient De la vase : bourbe
Un critique : personne qui juge Une critique : jugement défavorable

Exceptions de la langue française n°2 : La grammaire joue avec nos nerfs

Ne confondez pas :

« Elle aimait se faire un petit jeune de temps en temps » et « elle aimait se faire un petit jeûne de temps en temps ».

Preuve, s’il en fallait, que la ponctuation et les accents peuvent sauver des vies 😊. Alors que la grammaire et ses règles loufoques peuvent, à l’inverse, clairement en détruire…      

Poussons donc ensemble les portes de notre hôpital psychiagrammatical.

Le pluriel des noms : une explosion d’exceptions

En théorie, il suffit d’ajouter un « s » pour passer au pluriel. Mais en pratique, c’est bien plus compliqué… En effet, les règles simples, ce n’est pas la tasse de thé de la langue française qui adore les exceptions. Et elle adore encore plus les exceptions dans les exceptions (un véritable mille-feuille grammatical).

 Ainsi, il existe des cas particuliers :

➡️ Les noms en – au, -eau, -eu, prennent un x au pluriel.

Exemple : un tuyau/des tuyaux.    

SAUF quatre noms : landau, sarrau, bleu et pneu. Qui eux… prennent bien un -s.

➡️Les noms en –ou prennent un s au pluriel.     

Exemple : un verrou/les verrous.   

SAUF sept noms : hibou, chou, caillou, bijou, genou, joujou, pou. Qui prennent… un -x.

➡️ Les noms en –ail prennent un s au pluriel.

Exemple : un chandail/des chandails.       

SAUF sept noms : bail, corail, émail, soupirail, travail, vantail, vitrail. Qui changent le -ail en -aux.

➡️ Les noms en -al font leur pluriel en -aux

Exemple : un cheval/des chevaux.

SAUF cinq noms : bal, carnaval, chacal, festival, régal. Qui prennent un « s » au pluriel.

Les 5 noms qui ne font pas leur pluriel en -aux

➡️ Enfin, les noms terminés par s, x ou z au singulier ne changent pas au pluriel.

Exemple : le nez/des nez.

SAUF : non, là, on vous taquine. Il n’y a rien à ajouter. OUF.

Sortez le –h de guerre, les voyelles sont possédées

En français, on n’est pas copain avec les voyelles, ces démons venus des Enfers. Ainsi, si un mot féminin commence par une voyelle ou un -h muet, le masculin montera sur son cheval blanc et transformera les « ma », « ta », « sa », en  « mon », « ton », « son ».
Par exemple, avant, on ne disait pas « mon amie », mais « ma amie ». Pour faciliter la prononciation, on a donc supprimé l’un des deux « a », puis élidé le « m’ ». Ce qui a donné « m’amie » ou « ma mie », terme affectueux à l’époque qui va finalement finir par se transformer en « mon amie ».

On a également le même problème avec des adjectifs comme « beau », « nouveau » et « vieux » qui changent de forme au masculin singulier devant un nom qui commence par une voyelle ou un h muet.

On dira ainsi : « un bel établissement », « un nouvel ami » ou « un vieil homme ».

Diablerie, on vous dit.

L’accord du participe passé avec « avoir »

Nous avons déjà rédigé un article complet sur l’accord du participe passé, mais si l’on parle « dingueries » comme disent les jeunes, difficile de passer à côté de cette exception exceptionnelle.

Normalement, le participe passé ne s’accorde pas avec l’auxiliaire avoir, sauf quand le complément d’objet direct (COD) est placé avant :

Exemple : Elle a acheté des fleurs / Les fleurs qu’elle a achetées. (On accorde : le COD est « fleurs », et il est avant le verbe) 

C’est compliqué, et c’est normal. C’est la langue française. On vous passe les autres règles tordues du même style, et on vous laisse gentiment vous torturer l’esprit en lisant notre précédent article sur le sujet. Bon chance (célèbre réplique dans le film Taken, pour les profanes) !

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Écrit par : Marion

Comme Obélix, je suis tombée dans la marmite de la langue française quand j’étais petite. Rédactrice et correctrice freelance, je suis fan de (bons) mots et de cinéma. C’est sans doute la raison pour laquelle je connais sur le bout des doigts toutes les répliques du Père Noël est une ordure. Quand je ne suis pas en train d’écrire ou de corriger pour les autres, je m’occupe de mes adorables bébés à qui j’apprends à dire « ultracrépidarianisme » ou « saperlipopette ».
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Écrit par Marion

Comme Obélix, je suis tombée dans la marmite de la langue française quand j’étais petite. Rédactrice et correctrice freelance, je suis fan de (bons) mots et de cinéma. C’est sans doute la raison pour laquelle je connais sur le bout des doigts toutes les répliques du Père Noël est une ordure. Quand je ne suis pas en train d’écrire ou de corriger pour les autres, je m’occupe de mes adorables bébés à qui j’apprends à dire « ultracrépidarianisme » ou « saperlipopette ».

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