Les 7 erreurs de conjugaison intolérables dans vos écrits

Les 7 erreurs de conjugaison intolérables dans vos écrits

Problème d’accords, mauvaise concordance des temps, participe passé et orthographe erronée… autant d’erreurs impardonnables qui peuvent décrédibiliser tous vos écrits. Découvrez dans cet article les 7 erreurs de conjugaison les plus répandues, mais qui font toujours autant grincer des dents !

Vive la conjugaison !
Vive la conjugaison !

La conjugaison : une définition (de son importance)

La langue française peut sembler démoniaque pour celles et ceux qui essaient (vainement) de la maîtriser. Outre l’orthographe et la grammaire, la conjugaison représente un magnifique casse-tête, et ce, même pour les plus aguerris.

Mais reprenons les bases : la conjugaison, d’après le dictionnaire Le Robert, est l’ensemble des formes verbales suivant les voix, les modes, les temps, les personnes et les nombres.

Cette définition nous permet de comprendre que la conjugaison n’existe pas uniquement pour nous enquiquiner comme un affreux démon. Non, elle est surtout le petit ange de nos écrits, un des piliers essentiels de la clarté et de la précision de nos phrases. En effet, elle permet de situer l’action dans le temps, d’exprimer une intention, une certitude ou une hypothèse. 

Sans la conjugaison, nos pauvres phrases resteraient éternellement figées, incapables d’exprimer la nuance, comme privées de logique et d’attraction. Que ce soit dans un cadre professionnel ou personnel, en enfer ou au paradis, une bonne maîtrise de la conjugaison garantit à votre message d’être bien compris. En la maîtrisant, vous apprenez ainsi à éviter les maladresses qui peuvent détourner l’attention du lecteur. Bref, tirez un trait sur le passé et lisez dès à présent cet article plus-que-parfait. À titre indicatif, vous y trouverez les 7 erreurs de conjugaison capitales qu’il est impératif de ne plus commettre dans le futur, ainsi qu’un quiz de 5 questions tordues à la fin. De quoi conjuguer apprentissage et plaisir !

Quel est le temps le plus difficile à conjuguer ?

On peut légitimement penser que le plus-que-parfait, le passé simple, ou encore le conditionnel sont les temps les plus difficiles à conjuguer. Pourtant, ces temps ont une structure logique, et surtout répétitive. La principale difficulté réside dans leur application (« quand faut-il les utiliser ? ») et non dans leur forme.

Dans les faits, l’indicatif présent — qui semble plutôt simple à première vue, car il est le temps le couramment utilisé — est sans aucun doute le temps qui représente le plus de difficultés tant il prend de formes variées.        

Voici quelques exemples cocasses :

  • Le verbe transitif « résoudre » donne « je résous » et non comme la raison le voudrait « je résouds ». Il donne aussi « il résout » au singulier, mais « ils résolvent ». Et, son participe passé est « résolu ». Tout cela est très peu intuitif…
  • Pire encore avec le verbe pronominal du 3e groupe, « s’asseoir » : « je m’assieds » et « ils s’asseyent ».                                     

Des irrégularités qui sont légion et qui rendent, il faut le dire, un peu zinzin. 

Mais alors, comment bien utiliser l’indicatif présent ? Eh bien, il faut surtout faire appel à sa mémoire pour retenir toutes terminaisons irrégulières. 

exemples de conjugaison compliquée avec le verbe résoudre

Les pires erreurs de conjugaison (en 7 péchés capitaux) 

La colère ou la confusion entre l’infinitif et le participe passé

Nom de Diou ! S’il y a bien une erreur de conjugaison qui nous met les nerfs en pelote, c’est celle-ci : la confusion entre l’infinitif et le participe passé. 

En effet, combien d’entre nous ont un jour reçu ce terrible mail au travail : « Merci de bien vouloir transféré ce document au plus vite ». 

Au-delà du caractère légèrement agaçant de la tournure qui ressemble à un ordre dissimulé, la confusion entre l’infinitif et le participe passé d’un verbe du premier groupe est monnaie courante et… extrêmement agaçante. 

Pour ceux qui feraient encore la faute, voici donc la règle à retenir : 

  • La terminaison -er est la marque de l’infinitif des verbes du 1er groupe comme le verbe « transférer ».

Exemple : Merci de bien vouloir transférer ce document au plus vite. 

  • À l’inverse, la terminaison en –é est la marque du participe passé des verbes du 1er groupe.

 Exemple : Nous avons déjà bien transféré ce document.

ASTUCE : Pour choisir la bonne terminaison, il suffit de remplacer le verbe de votre phrase par un verbe du 3e groupe, par exemple avec le verbe « rendre ». 

Exemple : On peut remplacer le verbe « transférer » par « rendre » :

 « Merci de bien vouloir RENDRE ce document au plus vite » =  vous avez donc bien affaire à un infinitif.

 Dans le cas inverse, cela donne :

« Nous avons déjà bien RENDU ce document » = vous avez donc bien affaire à un participe passé. » 

L’avarice ou les règles de l’impératif 

En toute chose, il faut savoir être généreux… sauf à l’impératif. Avec ce mode, il ne faut pas hésiter à être avare de lettres, et notamment à garder pour soi la lettre –s. 

En effet, il n’est pas rare, lorsque l’on veut exprimer un ordre, une défense, un conseil, un souhait ou une supposition, d’avoir besoin d’utiliser l’impératif. Or, ce dernier ressemble à s’y méprendre à l’indicatif présent. 

Ainsi, Corneille a écrit très justement : « Va, cours, vole et nous venge ».

Toutefois, avouez qu’il est très tentant d’ajouter ce petit –s à la fin de nos verbes… surtout quand ces verbes à l’indicatif présent donnent des formes quasi similaires « tu vas, tu cours, tu voles et tu nous venges ». 

Ne péchez donc point, et enlevez-nous ces –s intempestifs. La conjugaison vous le rendra.

L’envie ou les cas d’homophonie

Qui n’a jamais eu envie de copier son voisin ? C’est le cas de nombreuses formes verbales qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à d’autres mots et qui ne se distinguent bien souvent que par la présence d’un précieux accent circonflexe (lien). 

Ainsi, l’accent circonflexe est de rigueur, au masculin singulier, pour le participe passé du verbe « devoir » : « dû » à ne pas confondre avec le partitif « du ». 

Exemple : Il a téléphoner en urgence pour lui parler du résultat.

Même chose avec « crû » du verbe « croitre » qui ne doit pas être confondu avec l’adjectif qualificatif « cru » et le participe passé du verbe « croire », « cru ». 

Exemple : Le niveau de l’eau a crû, et il m’a cru quand j’ai mangé du poisson cru.

L’orgueil ou les règles d’accord du participe passé

Que celui ou celle qui n’a jamais pensé maîtriser correctement les règles d’accord du participe passé nous jette le premier livre de conjugaison.

Celles-ci sont tellement tarabiscotées, notamment en ce qui concerne l’accord avec l’auxiliaire avoir, que nous avons décidé d’en faire un article dédié (lien) qui vous aidera à ne plus jamais commettre d’erreurs et à devenir aussi balèzes que nous (péché d’orgueil, quand tu nous tiens).

Exemples : Les fleurs que j’ai achetées étaient magnifiques.

En effet, avec l’auxiliaire « avoir », le participe passé s’accorde avec le COD placé avant le verbe. Ici, « que » représente « Les fleurs », donc « achetées » s’accorde en genre et en nombre.

Pour le reste, restez humbles et consacrez toujours un peu de temps à la vérification, cela évitera toute erreur qui risque de vous décrédibiliser à vie dans votre prochain email.

La gourmandise ou le méli-mélo de la concordance des temps 

En toute chose, il vaut mieux ne pas être trop gourmand à écrire des phrases trop lourdes. 

Entre le temps du verbe principal et le temps d’un verbe qui lui est subordonné va s’établir un rapport de dépendance du second au premier, d’où certaines règles dites de la « concordance des temps ». 

Exemple : « Il disait qu’il partira demain » = c’est faux, car quand le verbe principal est au passé (disait), le verbe subordonné doit être au conditionnel présent (partirait), et non au futur. 

Petit tableau récapitulatif : 

Verbe de la principale au présent ou futur simple Verbe de la principale au passé
Actions simultanées Présent Imparfait
Action antérieure dans la subordonnée Imparfait ou passé composé Plus-que-parfait
Action postérieure dans la subordonnée Futur simple Futur du passé (conditionnel présent)

Précision importante, car comme souvent en français, les règles aiment se faire bousculer par l’usage.

Il existe des cas où la subordonnée échappe au diktat du temps principal. Par exemple, si l’on parle d’une vérité générale, ou d’un fait qui reste valide au moment où l’on parle, on peut garder le présent, même si la principale est au passé.

Exemples :

 Il m’a appris que l’eau bout à 100 °C. 
Elle m’a toujours dit que deux et deux font quatre.

Le passé de la principale ne contamine pas la subordonnée, parce que ce qu’elle énonce dépasse le cadre temporel de la phrase. Ces vérités-là sont intemporelles, inoxydables. On parle alors d’une concordance logique, plus que grammaticale.

De même, si l’information est encore vraie ou d’actualité au moment où l’on parle, le présent peut être gardé sans rougir :

Il m’a dit qu’il est fatigué. 
(Sous-entendu : il l’est encore.)

Dans ce genre de phrase, la langue se fait plus souple : ce qui compte, c’est la perception du locuteur, plus que la mécanique des temps.

Erreurs de Conjugaison : concordance des temps et ses particularités

La paresse ou la perte des temps 

Trop souvent, le passé simple est confondu avec l’imparfait, car beaucoup ont la « flemme » de vérifier la conjugaison de la 1re personne du singulier des verbes du 1er groupe. Eh bien, sachez que c’est fatiguant de voir ces erreurs tout le temps. 

Exemple : Je serai ravie que vous acceptiez ma candidature. 

C’est sympa, mais c’est faux. On doit écrire « Je serais ravie que vous acceptiez ma candidature ».

•   « Je serai » est le futur simple, qui indique une certitude dans l’avenir (je serai docteure un jour).

• « Je serais » est le conditionnel présent, utilisé pour exprimer une hypothèse, une éventualité ou une politesse (exemple : je serais ravie que vous acceptiez ma candidature).

Dans notre phrase, on exprime un souhait, il faut donc utiliser le conditionnel et jouer de prudence plutôt que de paresse.

ASTUCE : pour différencier le conditionnel du futur, testez votre phrase avec la 2e personne du singulier. 

Exemple : Je mangerais du chocolat si j’aimais ça (tu mangerais du chocolat si tu aimais ça = conditionnel) / Je mangerai du chocolat demain (tu mangeras du chocolat demain = futur)

La luxure, ou comment crier prend deux –i

Ne boudez pas votre plaisir et laissez-vous aller à vos rêves les plus osés : et si vous mettiez deux –i à « crier » ? Hérésie, nous direz-vous. Et pourtant, vous auriez tort. 

Exemple : « il en fallait beaucoup pour que nous criions » et non « il en fallait beaucoup pour que nous crions ». 

En effet, les verbes en –ier et en — yer au présent de l’indicatif se terminent en — ions et en — iez à la 1re et  la 2e personne du pluriel. Toutefois, à l’imparfait et au subjonctif, il convient d’ajouter un –i supplémentaire.

ASTUCE : pour distinguer l’imparfait et le subjonctif du présent, il suffit de remplacer le verbe principal par un autre verbe comme « faire ». 

Exemple : il faut que nous envoyions notre CV rapidement = Il faut que nous fassions notre CV rapidement).

Vous êtes toujours là ? Alors mettez vos compétences à l’épreuve avec les 5 questions de notre quiz ci-dessous !

Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !

Cherchez les erreurs parmi ces 5 propositions de conjugaison. Attention, vous n’avez que 3 vies.

Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)


1. Phrase incorrecte : après « il faut que », le subjonctif est obligatoire. La bonne conjugaison est donc « tu viennes ».

2. Phrase incorrecte : la bonne phrase est « donner, c’est donner, reprendre, c’est voler » : il s’agit de verbes à l’infinitif.

3. Phrase incorrecte : la bonne forme est « tu vaux mieux que ça ».

4. Phrase incorrecte : il faut écrire « Je crois que ça a dû te coûter un bras ! », car il s’agit du participe passé du verbe « devoir ».

5. Phrase incorrecte : il faut écrire « Les pommes que j’ai mangées étaient très bonnes », car le COD « que » reprend « les pommes » et est placé avant le verbe.

Les exceptions de la langue française, et autres règles bizarres

Les exceptions de la langue française, et autres règles bizarres

La langue française regorge d’exceptions et de règles qui semblent parfois défier toute logique. Cet article explore ces particularités fascinantes (et un poil déconcertantes) et liste certaines des exceptions de la langue française les plus connues, ainsi que des règles orthographiques qui semblent insolites ou illogiques.

Folie, un des mots représentatifs de la langue française...
De la folie ? Non, juste la langue française

Avant-propos : Pourquoi la langue française est-elle si difficile ?

La langue française est loin d’être la langue la plus simple à apprendre. Entre l’orthographe — véritable usine à gaz — et les règles de grammaire et de conjugaison qui regorgent d’exceptions : difficile de ne pas devenir complètement zinzin. En réalité, beaucoup de ces difficultés résultent de l’évolution du latin vers le français, des emprunts à d’autres langues et des décisions souvent arbitraires des académiciens. La langue évolue continuellement, et certaines règles qui pouvaient sembler autrefois logiques peuvent aujourd’hui paraître totalement… démentes.

Rassemblons ce qu’il nous reste de raison et embarquons dans les méandres des exceptions de la langue française, immense asile duquel il est difficile de sortir indemne.

Exceptions de la langue française n°1 : les délires de l’orthographe

Quelles sont les principales difficultés de la langue française ?

Lorsqu’on parle français, il est possible de se trouver confronté à plusieurs sortes de difficultés : solécismes, règles tarabiscotées de la grammaire ou de la conjugaison, la liste est longue. Par essence, certaines fautes ne sont possibles qu’à l’écrit : ce sont les fautes d’orthographe. Pourtant, quand on regarde de plus près, difficile de ne pas faire d’erreurs tant les règles à suivre sont parfois… illogiques. Voyons ensemble quelques exemples.

Oups, il y a une faute d’orthographie  

Suprême ironie du sort, le mot « orthographe », qui désigne une discipline exigeante qui nous rend un peu (beaucoup) mabouls, est en réalité une forme fautive du mot… orthographie.

En effet, le mot « orthographie », qui est apparu au XIIIe siècle, provient du latin orthographia, lui-même emprunté au grec orthographia, qui signifie « écriture correcte ». Il est composé de « orthos » qui signifie « droit, juste, sensé », et de « graphein » qui signifie « écrire ».    

En réalité, ce n’est qu’au XVIe siècle que le mot « orthographe » va apparaître, mot dont la forme ancienne est bel et bien « orthographie » ! Voilà donc pourquoi on utilise le verbe « orthographier » et non « orthographer ».

L’incohérente et déraisonnable orthographe  

On écrit le mot « charrette » avec deux -r, mais le mot « chariot » avec un seul -r.

Même chose avec :

  • Consonne/consonance
  • Bonhomme/bonhomie
  • Combattre/combatif
  • Imbécile/imbécillité
  • Battre/bataille
  • Souffler/boursoufler
  • Siffler/persifler

Et la liste de ces invraisemblances est longue ! Au point que certains académiciens pourraient être tenus pour responsables des difficultés rencontrées par les apprenants.

Petites trahisons du lexique de la langue française

Le « monsieur », symptôme du mal qui touche l’orthographe française

« Monsieur » est sans doute le mot le plus étonnant de la langue française. En effet, dites ce mot à voix haute et vous verrez la différence hallucinante entre la prononciation et l’écriture.

Apparu à la fin du XIVe siècle, « monsieur » est né de la soudure entre « mon » et « sieur ». Messire, monseigneur et monsieur sont d’ailleurs étymologiquement synonymes. Enfin, au pluriel, « Monsieur » devient ainsi « Messieurs ». Dingue, n’est-ce pas ?

Ajoutons à cette bizarrerie d’autres fameuses exceptions de prononciation :

  • Au singulier, on prononce les dernières lettres des mots : un œuf, un bœuf et un os.
  • Mais au pluriel, on ne les prononce plus : des œu(fs), des boeu(f)s, des o(s) !    

Même chose avec les chiffres six, huit et dix qui, lorsqu’ils se trouvent devant un mot qui commence par une consonne ou un h aspiré, ne se prononcent plus de la même manière : la dernière lettre devient absente !

  • Ainsi, on dit bien : si(x) trucs, hui(t) hiboux, di(x) dollars.
  • Mais, on fera ailleurs la liaison et on dira : six heures, huit euros, dix amis.

Les homonymes, ou quand on commence à voir double

S’il fallait donner un exemple qui démontre la perversité de la langue française, les homonymes arriveraient sans doute à la première place de notre classement.

En effet, il existe des dizaines de mots qui se prononcent de la même façon, mais qui n’ont pas du tout le même sens – pire encore, certains changent même de genre ! (on vous donne quelques exemples juste après).

Après tout, pourquoi faire simple quand on peut compliquer la vie des gens ?

Masculin Féminin
Un livre : volume relié ou broché Une livre : ancienne unité de poids
Un manche : partie par laquelle on tient un instrument Une manche : partie de vêtement qui couvre le bras
Un mémoire : document écrit Une mémoire : faculté de se rappeler, de se souvenir
Un vase : un récipient De la vase : bourbe
Un critique : personne qui juge Une critique : jugement défavorable

Exceptions de la langue française n°2 : La grammaire joue avec nos nerfs

Ne confondez pas :

« Elle aimait se faire un petit jeune de temps en temps » et « elle aimait se faire un petit jeûne de temps en temps ».

Preuve, s’il en fallait, que la ponctuation et les accents peuvent sauver des vies 😊. Alors que la grammaire et ses règles loufoques peuvent, à l’inverse, clairement en détruire…      

Poussons donc ensemble les portes de notre hôpital psychiagrammatical.

Le pluriel des noms : une explosion d’exceptions

En théorie, il suffit d’ajouter un « s » pour passer au pluriel. Mais en pratique, c’est bien plus compliqué… En effet, les règles simples, ce n’est pas la tasse de thé de la langue française qui adore les exceptions. Et elle adore encore plus les exceptions dans les exceptions (un véritable mille-feuille grammatical).

 Ainsi, il existe des cas particuliers :

➡️ Les noms en – au, -eau, -eu, prennent un x au pluriel.

Exemple : un tuyau/des tuyaux.    

SAUF quatre noms : landau, sarrau, bleu et pneu. Qui eux… prennent bien un -s.

➡️Les noms en –ou prennent un s au pluriel.     

Exemple : un verrou/les verrous.   

SAUF sept noms : hibou, chou, caillou, bijou, genou, joujou, pou. Qui prennent… un -x.

➡️ Les noms en –ail prennent un s au pluriel.

Exemple : un chandail/des chandails.       

SAUF sept noms : bail, corail, émail, soupirail, travail, vantail, vitrail. Qui changent le -ail en -aux.

➡️ Les noms en -al font leur pluriel en -aux

Exemple : un cheval/des chevaux.

SAUF cinq noms : bal, carnaval, chacal, festival, régal. Qui prennent un « s » au pluriel.

Les 5 noms qui ne font pas leur pluriel en -aux

➡️ Enfin, les noms terminés par s, x ou z au singulier ne changent pas au pluriel.

Exemple : le nez/des nez.

SAUF : non, là, on vous taquine. Il n’y a rien à ajouter. OUF.

Sortez le –h de guerre, les voyelles sont possédées

En français, on n’est pas copain avec les voyelles, ces démons venus des Enfers. Ainsi, si un mot féminin commence par une voyelle ou un -h muet, le masculin montera sur son cheval blanc et transformera les « ma », « ta », « sa », en  « mon », « ton », « son ».
Par exemple, avant, on ne disait pas « mon amie », mais « ma amie ». Pour faciliter la prononciation, on a donc supprimé l’un des deux « a », puis élidé le « m’ ». Ce qui a donné « m’amie » ou « ma mie », terme affectueux à l’époque qui va finalement finir par se transformer en « mon amie ».

On a également le même problème avec des adjectifs comme « beau », « nouveau » et « vieux » qui changent de forme au masculin singulier devant un nom qui commence par une voyelle ou un h muet.

On dira ainsi : « un bel établissement », « un nouvel ami » ou « un vieil homme ».

Diablerie, on vous dit.

L’accord du participe passé avec « avoir »

Nous avons déjà rédigé un article complet sur l’accord du participe passé, mais si l’on parle « dingueries » comme disent les jeunes, difficile de passer à côté de cette exception exceptionnelle.

Normalement, le participe passé ne s’accorde pas avec l’auxiliaire avoir, sauf quand le complément d’objet direct (COD) est placé avant :

Exemple : Elle a acheté des fleurs / Les fleurs qu’elle a achetées. (On accorde : le COD est « fleurs », et il est avant le verbe) 

C’est compliqué, et c’est normal. C’est la langue française. On vous passe les autres règles tordues du même style, et on vous laisse gentiment vous torturer l’esprit en lisant notre précédent article sur le sujet. Bon chance (célèbre réplique dans le film Taken, pour les profanes) !

« Merci de » ou « Merci pour » : faites enfin la différence !

« Merci de » ou « Merci pour » : faites enfin la différence !

La langue française regorge de petites subtilités qu’il est nécessaire de maîtriser si l’on veut bien s’exprimer et surtout bien se faire comprendre. Parmi ces subtilités, on retrouve les formules de politesse bien connues : « merci de » et « merci pour ».

Ces deux expressions, souvent employées de manière interchangeable, ne signifient pourtant pas tout à fait la même chose. En réalité, et un peu comme toujours, leur bonne utilisation va dépendre essentiellement du contexte et de la nuance que vous souhaitez apporter à vos propos.

Alors, vous hésitez toujours entre « Merci de » ou « Merci pour » ? Voyons ensemble comment décrypter ces deux formules !

🎯🧠 Et n’oubliez pas de tester vos connaissances sur le sujet en fin d’article, un quiz vous y attend !

« Merci de » ou « Merci pour » ? Toutes les réponses dans cet article

On entend souvent que le diable est dans les détails. Nous n’allons très certainement pas dire le contraire, surtout en ce qui concerne les différents usages de la langue française.

La distinction entre « merci de » et « merci pour » est d’ailleurs le parfait exemple de cette complexité, si souvent décriée. Une seule petite préposition — en l’occurrence ici « de » ou « pour » — peut faire toute la différence. Mais comment savoir quelle formule employer ? Existe-t-il une règle bien spécifique à appliquer et qui marche à tous les coups pour ne plus se tromper ?

Nous allons tout vous expliquer dans cet article, histoire que vous deveniez incollable sur le sujet. Et si vous voulez continuer de vous améliorer sur votre maîtrise de la langue française, foncez donc lire notre précédent article qui décortique les 69 fautes de français courantes à ne plus (jamais) faire !

« Merci de » ou « Merci pour » : Quelle est la règle ?

D’après Le Larousse, le mot « merci » est un nom masculin qui marque la politesse et qui est utilisé pour exprimer à quelqu’un de la gratitude, de la reconnaissance pour ce qu’il fait ou a fait. Mais, chose plus surprenante, ce mot peut aussi prendre la marque du féminin, notamment dans des expressions comme « être à la merci de quelqu’un » ou être « sans merci ».    

En ce qui concerne les formules « merci de » ou « merci pour », les deux sont justes, mais vont dépendre du contexte dans lequel vous allez les utiliser. Dans tous les cas, retenez que le mot « merci » est toujours employé au masculin.  

Enfin — et phénomène suffisamment rare pour le souligner —, l’Académie française n’a pas (encore) émis d’avis ou édicté de règle spécifique pour nous aider à utiliser correctement ces deux formules. Toutefois, et tous les linguistes vous le diront, dans une langue « seul l’usage fait la loi ».  

Alors, que nous dit l’usage ? Voyons cela ensemble.

Quelques règles d’usage sont à respecter afin de bien employer les formules « merci de » et « merci pour »
Quelques règles d’usage sont à respecter afin de bien employer les formules « merci de » et « merci pour » © Julia Cameron for Pexels

Quand utiliser « merci de » ?

En règle générale, il est communément admis que :  

1. Lorsque le mot « merci » est placé devant un verbe à l’infinitif ou un passé composé, il est toujours suivi de la préposition « de ».

Exemples :

  • « Merci de m’avoir donné un coup de main »
  • « Merci d’être venu »

2. La formule « merci de » est employée pour parler d’un fait qui s’est déjà produit OU pour remercier par avance pour quelque chose que l’on attend (ce qui a donc comme effet de ressembler à une injonction, dans le sens de « veuillez faire ceci ou cela », et cela peut être mal interprété par votre interlocuteur). 

Exemple :

  • « Merci de bien vouloir m’envoyer ce document dans les plus brefs délais »

3. Lorsque le mot « merci » est placé devant un nom, il est possible d’utiliser l’une ou l’autre des prépositions, « de » ou « pour », sans distinction.    

Exemple :

  • « Merci de votre attention » ou « merci pour votre attention »

Quand utiliser "merci de" ? Rappel des règles

Quand utiliser « merci pour » ?

La formule « merci pour » s’emploie devant un groupe nominal et met davantage l’accent sur un objet ou sur quelque chose de vraiment concret, de précis.

Exemple :

  • « Merci pour ce café »

La formule « merci pour » est aussi employée pour remercier d’une action à venir. Il s’agit dans ce cas d’une règle générale, qui n’est pas systématiquement respectée.

Exemple :

  • « Merci pour ton invitation » (➡️ ici, dans cet exemple, on a été invité, mais le rendez-vous n’a pas encore eu lieu.)

⚠️ Dans tous les cas, on n’emploie jamais « merci pour » devant un verbe. ⚠️

Quand utiliser "merci de" ? Rappel des règles

« Remercier de » ou « remercier pour » ?

A l’image de la différence entre « merci de » et « merci pour », la question du choix de la bonne préposition après le verbe « remercier » suit une logique assez claire… à quelques nuances près.

Lorsque le complément est un verbe à l’infinitif, seule la préposition « de » est correcte :

Exemple :

  • « Je vous remercie de m’avoir répondu si rapidement. »

Devant un nom, l’usage admet « de » ou « pour », avec une préférence :

  • « remercier de » pour des notions abstraites ou comportementales : votre patience, votre confiance, votre disponibilité…
  • « remercier pour » avec des éléments concrets, donnés ou produits : votre message, ce rapport détaillé, vos explications…

Certains mots comme « aide » ou « réponse » sont à la frontière entre les deux : bien qu’immatériels, ils sont perçus comme des actes concrets rendus à autrui.

Les deux formulations (remercier de votre aide / remercier pour votre aide) sont alors acceptées, sans qu’aucune ne soit fautive.

Pour un style élégant ou un e-mail professionnel, on retiendra cette nuance : « remercier de » est plus soutenu, « remercier pour » est plus courant.

Enfin, lorsqu’on remercie pour plusieurs choses de nature différente, on privilégie en général « pour » :

Exemple :

  • « Je vous remercie pour vos fleurs et votre gentillesse. »

Voilà pour ce nouvel article de langue française, dédié à la différence entre « merci de » et « merci pour ».

Merci de l’avoir lu ! Et je vous remercie également pour le temps que vous passerez à tester vos connaissances sur le sujet avec le quiz ci-dessous.

Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !

« Merci de » ou « merci pour » ? Cherchez les erreurs parmi les 7 propositions ci-dessous. Attention, vous n’avez que 3 vies.

Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)


1. Phrase correcte : devant un verbe à l’infinitif (« ne pas faire »), on emploie « merci de ».

2. Phrase incorrecte : devant un verbe à l’infinitif (« avoir acheté »), on attend « merci de », et non « merci pour ».

3. Phrase correcte : « ce moment » est un nom → « merci pour » convient.

4. Phrase correcte : « bien vouloir fermer » est une forme infinitive → « merci de ».

5. Phrase correcte : « votre retour » est un nom → « merci pour » est naturel ici.

6. Phrase correcte (usage courant) : « gentillesse » et « confiance » sont des noms → « remercier pour » est acceptable (même si « je vous remercie de votre gentillesse » est souvent jugé plus soigné).

7. Phrase correcte : « m’avoir tenu informé » est un infinitif → « je vous remercie de… ».

Tout, tous, toute : maîtrisez l’accord une bonne fois pour toutes !

Tout, tous, toute : maîtrisez l’accord une bonne fois pour toutes !

La bonne utilisation de « tout », « tous » et « toute » est une source fréquente d’erreurs en français. Pourtant, en maîtrisant quelques règles simples, vous pourrez éviter de les confondre et enfin écrire avec justesse… une bonne fois pour toutes !

Visuel Tout accord. Tout peut être un nom, un adverbe; un adjectif ou un pronom.

Les différentes natures grammaticales du mot « tout »

Dans le paysage vallonné de la langue française, certains mots se transforment et s’accordent au gré des situations, semant parfois le chaos dans nos esprits. « Tout », « tous » et « toute » figurent parmi ces petits éléments qui peuvent nous donner du fil à retordre et… de grands moments de solitude. Car le mot « tout » n’est pas une petite nature, et il donne du fil à retordre, par toutes les variations grammaticales qu’il peut prendre pour définir sa nature, justement.

💡Règle simple à retenir : « tout » peut être adjectif, adverbe ou nom.
Eh oui, tout cela à la fois !

A) Adjectif

« Tout » se rapporte à un nom ou à un pronom auquel il s’accorde. Plus précisément, il peut être :

➤ Adjectif qualificatif (au singulier), il signifie :

  • « Tout entier » (placé devant un nom accompagné de l’article)
    Exemple : Toute la famille est réunie.
  • « Seul »
    Exemple : Pour toute excuse, il allégua son ignorance.

➤ Adjectif indéfini, il signifie :

  • « Chaque, n’importe quel »
    Exemple : À tout instant, je suis obligée de m’arrêter.
  • « Tous », sans exception
    Exemple : Tous les voleurs fuient à toutes jambes.

Attention à l’usage

On écrit bien :

  • De tout côté ou de tous côtés
  • En tout sens ou en tous sens

B) Pronom indéfini

Quand « tout » remplace un nom, est sujet ou complément et quand il signifie :

  • « Tout le monde, toutes les choses »
    Exemple : Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. (La Fontaine)
  • « N’importe qui, n’importe quoi »
    Exemple : Tout arrive à qui sait attendre.

C) Adverbe

« Tout » est adverbe lorsqu’il signifie :
« Tout à fait, entièrement, si, très », modifiant ainsi un adjectif, un adverbe, un verbe ou un nom.
Exemple : Des livres tout neufs.

Remarque :

Comme adverbe, « tout » est généralement invariable. Pour le reconnaître, c’est simple : on peut retirer « tout » de la phrase sans en altérer le sens.

Exemple :

Elle était devenue une tout autre fille
OU
C’est une tout autre histoire.

Mais comme souvent en français, quelques exceptions viennent compliquer les choses :

  • Par euphonie, « tout » s’accorde devant les adjectifs féminins commençant par une consonne ou un h aspiré.
    Exemple : La fleur toute blanche a ses feuilles toutes hérissées.
  • On admet également l’accord devant les adjectifs féminins commençant par une voyelle ou un h muet.
    Exemple : La planète tout entière / La planète toute entière.

Cependant, « tout » reste adverbe (donc invariable) dans des expressions figées comme :
Tout en fleurs, être tout yeux, tout oreilles

D) Nom

Lorsqu’il est précédé d’un article, « tout » devient un nom au sens de :

La totalité, l’ensemble.
Exemple : Donnez-moi le tout.

E) Adjectif ou adverbe devant l’adjectif « autre »

Ce cas pose souvent problème. Parfois on écrit toute autre solution, parfois tout autre reste invariable. Pourquoi ?
Tout dépend de la fonction grammaticale du groupe “tout autre” dans la phrase.

Cas n°1 : “tout autre” est adjectif épithèteon accorde

Quand le groupe tout autre qualifie directement un nom (il est épithète), “tout” s’accorde en genre et en nombre.
C’est le cas le plus fréquent à l’écrit.

Exemples :
Une toute autre solution s’impose.
Toutes les autres réponses étaient fausses.

Ici, tout autre est collé au nom qu’il qualifie (solution, réponses). On parle d’adjectif épithète.

Cas n°2 : “tout autre” est attributon n’accorde pas

Quand le groupe est relié au sujet par un verbe d’état (être, devenir, rester…), “tout” prend le sens de « entièrement ». Comme on l’a vu plus haut, il devient alors adverbe et reste invariable.

Exemples :
Ces propositions sont tout autres.
Il est tout autre depuis son accident.

Ici, tout autre ne qualifie pas directement un nom mais complète le verbe. On parle d’attribut du sujet.
Et comme tout est devenu un adverbe d’intensité, il ne s’accorde pas.

Astuce pour ne pas se tromper

Posez-vous la question :
👉 Est-ce que je pourrais remplacer “tout” par “entièrement” ?

  • Si oui → c’est un adverbe, donc invariable.
  • Si non → c’est un adjectif, donc accord obligatoire.

Accord de « Tout » : tout est question d’entraînement !

Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !

Écrivez correctement « tout » dans les expressions suivantes. Vous avez 3 vies.

Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)


Les noms composés en français : quel accord ? (+ liste & PDF)

Les noms composés en français : quel accord ? (+ liste & PDF)

Accorder ou ne pas accorder ? Telle est la question avec les noms composés de la langue française, qui sont de véritables épines orthographiques dès qu’il s’agit de les mettre au pluriel. Alors, afin d’éviter toute souffrance inutile, lisez cet article qui récapitule les règles générales d’accord des noms composés ainsi que leurs exceptions.

✅📋Ne partez pas trop vite ! Vous trouverez également une liste des noms composés les plus courants avec leur pluriel en fin de cet article, ainsi qu’un quiz en fin d’article pour tester votre niveau !

noms composés : règles d'accord en un coup d'oeil

Qu’est-ce qu’un mot composé ?

Le français forme un grand nombre de mots nouveaux en joignant deux ou plusieurs mots : nom et nom, adjectif et nom, verbe et nom, etc. On met, le plus souvent, un trait d’union entre les éléments de ces mots.

C’est donc ce que l’on appelle les mots composés à proprement parler. Et nous en connaissons toutes et tous énormément : chou-fleur ; plate-bande ; arrière-garde… la liste est longue !

Comment accorder les noms composés ?    

D’une manière générale, dans les noms composés, seuls le nom et l’adjectif peuvent se mettre au pluriel, si le sens le permet (une sage-femme, des sages-femmes). Et, lorsque le nom composé est formé de deux noms unis par une préposition, alors seul le premier s’accorde (un arc-en-ciel, des arcs-en-ciel).

Ça, c’est la règle générale, mais il y a des exceptions. Pas besoin de prendre un Doliprane, vous allez vite comprendre. Voyons ensemble tous les cas particuliers.

Doit-on écrire des « sèche-serviettes » ou des « sèche-serviette » ?

Eh bien, apprenez que l’on peut écrire les deux ! Fariboles, nous direz-vous, et vous auriez sans doute eu raison en 1990, avant la réforme de l’orthographe. Alors, comment doit-on accorder un nom composé ? Voilà indéniablement de quoi se faire des nœuds au cerveau. 

En effet, si tout cela peut sembler complexe de prime abord, l’accord des noms composés en français repose en réalité sur des règles de grammaire claires et précises (avec toutefois quelques exceptions, sinon ce n’est pas drôle). Très simples, elles pourront vous donner le goût de la tournure correcte et de la nuance en orthographe. Tout un programme, dans lequel nous nous plongeons maintenant.

Le pluriel des noms composés : toutes les règles d’accord

A. Les noms composés en un seul mot

Les noms composés qui s’écrivent en un seul mot forment leur pluriel comme des noms simples.

Exemples : un entresol, des entresols.  

Toutefois, pour toujours plus d’imbroglio, on écrit : un gentilhomme, des gentilshommes ; un bonhomme, des bonshommes, un monsieur, des messieurs ; madame, mesdames.

B. les noms composés en plusieurs mots

Accrochez-vous, là, on entre dans le vif du sujet.

Si les noms composés qui s’écrivent en plusieurs mots sont formés :

  1. d’un adjectif et d’un nom, ils prennent la marque du pluriel.
    • Exemple : un coffre-fort, des coffres-forts / Un château fort, des châteaux forts.  
  2. de deux noms en apposition, ils prennent la marque du pluriel.
    • Exemple : un chou-fleur, des choux-fleurs.
  3. d’un nom et de son complément introduit ou non par une préposition, seul le premier nom est au pluriel.
    • Exemples : Une pomme de terre, des pommes de terre. / Un timbre-poste, des timbres-poste (ici, la préposition n’est pas exprimée, on parle de La Poste, seule et unique, donc on n’accorde pas).
  4. d’un mot invariable et d’un nom, seul le nom est au pluriel.
    • Exemple : un en-tête, des en-têtes.
  5. de deux verbes ou d’une expression, tous les mots sont invariables.
    • Exemple : un tête-à-tête, des tête-à-tête.
  6. d’un verbe et de son complément, le verbe reste invariable et le nom conserve en général la même forme qu’au singulier (tous les noms composés de abat- ; cache- ; porte- ; presse- ), sauf dans certains cas.
    • Exemples :  un presse-purée, des presse-purée. / Un abat-jour, des abat-jour.
    • MAIS : un couvre-lit, des couvre-lits. / Un tire-bouchon, des tire-bouchons.

Pour ce dernier point, notons aussi que certains noms composés peuvent toujours être au pluriel. Ou avoir deux orthographes légitimes.

  • Exemple : un compte-gouttes. / Un/des essuie-main(s) ou un/des attrape-nigaud(s).

Cas particuliers

  1. Dans les noms composés du mot garde, celui-ci peut être un nom ou un verbe. S’il est un nom, c’est-à-dire qu’il a le sens de gardien, il prend la marque du pluriel. En revanche, s’il est un verbe, il reste invariable et le nom qui suit pourra prendre la marque du pluriel, selon le sens.
    • Exemple : un garde-malade, des gardes-malades. / Un garde-manger, des garde-manger. / Un garde-boue, des garde-boue (ici, garde est un verbe, il protège de la boue au singulier).
  2. Dans certaines expressions au féminin formées avec l’adjectif grand, l’usage veut que grand reste invariable.
  3. Quand le premier mot d’un nom composé se termine par un –o, ce mot reste invariable.
    • Exemple : un électro-aimant, des électro-aimants.

⚠️ ATTENTION :
Ne confondez pas « le cou-de-pied », c’est-à-dire le dessus du pied, et le coup de pied. Ce sont des homonymes, des mots de prononciation identique, mais de sens différents.
Prenez garde également aux termes issus du droit : un ayant droit et un ayant cause (l’Académie française ne met pas de trait d’union) qui révèlent la survivance d’un vieil usage du pluriel (des ayants droit, des ayants cause).

Noms composés : le tableau récapitulatif

Règle On accorde ou non ?
Pour tous les noms composés avec un seul mot Pluriel
Nom composé d’un adjectif + nom Pluriel aux deux mots
Nom composé de deux noms Pluriel aux deux mots
Nom composé d’un nom + complément Seul le premier nom est au pluriel
Nom composé d’un nom invariable + nom Seul le nom est au pluriel
Nom composé de deux verbes ou expression Invariable
Nom composé d’un verbe + complément Invariable, sauf exception
Nom composé du mot garde Si nom, sens de gardien, pluriel. Et nom qui suit reste invariable.
Si verbe, invariable et nom qui suit au pluriel, selon le sens.
Nom composé avec l’adjectif grand Invariable, sauf exception
Nom composé avec un nom terminant par -o Le premier mot est invariable

Et si vous le préférez en infographie (plus facile à partager), voici le récap’ des règles d’accord des noms composés ci-dessous.

Accord des noms composés : l’infographie

Infographie règles accord-noms composés

La liste des noms composés les plus courants et leur accord (à télécharger en PDF)

Enfin, pour peaufiner vos connaissances sur l’orthographe et les accords, voici une liste des 30 noms composés les plus courants en français et de leur pluriel. Règles complètes et liste d’exemples que vous pouvez télécharger en PDF ou en HTML et réutiliser librement pour tous vos besoins pédagogiques. 💎💎

Noms composés Pluriel
Un à-côtéDes à-côtés
Un à-coupDes à-coups
Une arrière-saisonDes arrière-saisons
Un essuie-main(s)Des essuie-main(s)
Un(e) après-midiDes après-midi
Une avant-gardeDes avant-gardes
Un brise-glaceDes brise-glace
Un cerf-volantDes cerfs-volants
Un chef-d’œuvreDes chefs-d’œuvre
Un contre-ordreDes contre-ordres
Un coupe-feuDes coupe-feu
Un crève-cœurDes crève-cœur
Un emporte-pièceDes emporte-pièce
Un en-têteDes en-têtes
Un faire-partDes faire-part
Un savoir-faireDes savoir-faire
Un garde-fouDes garde-fous
Un grille-painDes grille-pain
Un haut-parleurDes haut-parleurs
Un laissez-passerDes laissez-passer
Un monte-chargeDes monte-charge
Un passe-partoutDes passe-partout
Un porte-paroleDes porte-parole
Un rabat-joieDes rabat-joie
Un serre-têteDes serre-tête
Un souffre-douleurDes souffre-douleur
Un sous-solDes sous-sols
Un tête-à-têteDes tête-à-tête
Un tout-à-l’égoutDes tout-à-l’égout
Un trouble-fêteDes trouble-fêtes

Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !

Mettez au pluriel les noms composés suivants. Attention, vous n’avez que 3 « vies » !

Proposition a) :

Un monte-charge


A) Des monte-charge
B) Des monte-charges
C) Les deux sont admis

Proposition b) :

Un court-circuit


A) Des court-circuit
B) Des courts-circuits
C) Des courts-circuit

Proposition c) :

Un micro-ordinateur


A) Des micros-ordinateurs
B) Des micro-ordinateurs
C) Des micro-ordinateur

Proposition d) :

Une arrière-boutique


A) Des arrières-boutiques
B) Des arrière-boutiques
C) Des arrière-boutique

Proposition e) :

Un pince-sans-rire


A) Des pince-sans-rire
B) Des pinces-sans-rire
C) Des pince-sans-rires

Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)


a) Des monte-charge ou des monte-charges : composé d’un verbe + complément, on peut ne pas accorder, ou accorder le complément « charges ».

b) Des courts-circuits : ici, court est un adjectif et circuit un nom → on accorde les deux.

c) Des micro-ordinateurs : « micro » est un nom invariable se terminant par -o, seul le deuxième mot prend le pluriel.

d) Des arrière-boutiques : « arrière » est un élément invariable, on accorde uniquement le nom principal « boutique ».

e) Des pince-sans-rire : il s’agit d’une expression figée, donc invariable au pluriel.