Les exceptions de la langue française, et autres règles bizarres

Les exceptions de la langue française, et autres règles bizarres

La langue française regorge d’exceptions et de règles qui semblent parfois défier toute logique. Cet article explore ces particularités fascinantes (et un poil déconcertantes) et liste certaines des exceptions de la langue française les plus connues, ainsi que des règles orthographiques qui semblent insolites ou illogiques.

Folie, un des mots représentatifs de la langue française...
De la folie ? Non, juste la langue française

Avant-propos : Pourquoi la langue française est-elle si difficile ?

La langue française est loin d’être la langue la plus simple à apprendre. Entre l’orthographe — véritable usine à gaz — et les règles de grammaire et de conjugaison qui regorgent d’exceptions : difficile de ne pas devenir complètement zinzin. En réalité, beaucoup de ces difficultés résultent de l’évolution du latin vers le français, des emprunts à d’autres langues et des décisions souvent arbitraires des académiciens. La langue évolue continuellement, et certaines règles qui pouvaient sembler autrefois logiques peuvent aujourd’hui paraître totalement… démentes.

Rassemblons ce qu’il nous reste de raison et embarquons dans les méandres des exceptions de la langue française, immense asile duquel il est difficile de sortir indemne.

Exceptions de la langue française n°1 : les délires de l’orthographe

Quelles sont les principales difficultés de la langue française ?

Lorsqu’on parle français, il est possible de se trouver confronté à plusieurs sortes de difficultés : solécismes, règles tarabiscotées de la grammaire ou de la conjugaison, la liste est longue. Par essence, certaines fautes ne sont possibles qu’à l’écrit : ce sont les fautes d’orthographe. Pourtant, quand on regarde de plus près, difficile de ne pas faire d’erreurs tant les règles à suivre sont parfois… illogiques. Voyons ensemble quelques exemples.

Oups, il y a une faute d’orthographie  

Suprême ironie du sort, le mot « orthographe », qui désigne une discipline exigeante qui nous rend un peu (beaucoup) mabouls, est en réalité une forme fautive du mot… orthographie.

En effet, le mot « orthographie », qui est apparu au XIIIe siècle, provient du latin orthographia, lui-même emprunté au grec orthographia, qui signifie « écriture correcte ». Il est composé de « orthos » qui signifie « droit, juste, sensé », et de « graphein » qui signifie « écrire ».    

En réalité, ce n’est qu’au XVIe siècle que le mot « orthographe » va apparaître, mot dont la forme ancienne est bel et bien « orthographie » ! Voilà donc pourquoi on utilise le verbe « orthographier » et non « orthographer ».

L’incohérente et déraisonnable orthographe  

On écrit le mot « charrette » avec deux -r, mais le mot « chariot » avec un seul -r.

Même chose avec :

  • Consonne/consonance
  • Bonhomme/bonhomie
  • Combattre/combatif
  • Imbécile/imbécillité
  • Battre/bataille
  • Souffler/boursoufler
  • Siffler/persifler

Et la liste de ces invraisemblances est longue ! Au point que certains académiciens pourraient être tenus pour responsables des difficultés rencontrées par les apprenants.

Petites trahisons du lexique de la langue française

Le « monsieur », symptôme du mal qui touche l’orthographe française

« Monsieur » est sans doute le mot le plus étonnant de la langue française. En effet, dites ce mot à voix haute et vous verrez la différence hallucinante entre la prononciation et l’écriture.

Apparu à la fin du XIVe siècle, « monsieur » est né de la soudure entre « mon » et « sieur ». Messire, monseigneur et monsieur sont d’ailleurs étymologiquement synonymes. Enfin, au pluriel, « Monsieur » devient ainsi « Messieurs ». Dingue, n’est-ce pas ?

Ajoutons à cette bizarrerie d’autres fameuses exceptions de prononciation :

  • Au singulier, on prononce les dernières lettres des mots : un œuf, un bœuf et un os.
  • Mais au pluriel, on ne les prononce plus : des œu(fs), des boeu(f)s, des o(s) !    

Même chose avec les chiffres six, huit et dix qui, lorsqu’ils se trouvent devant un mot qui commence par une consonne ou un h aspiré, ne se prononcent plus de la même manière : la dernière lettre devient absente !

  • Ainsi, on dit bien : si(x) trucs, hui(t) hiboux, di(x) dollars.
  • Mais, on fera ailleurs la liaison et on dira : six heures, huit euros, dix amis.

Les homonymes, ou quand on commence à voir double

S’il fallait donner un exemple qui démontre la perversité de la langue française, les homonymes arriveraient sans doute à la première place de notre classement.

En effet, il existe des dizaines de mots qui se prononcent de la même façon, mais qui n’ont pas du tout le même sens – pire encore, certains changent même de genre ! (on vous donne quelques exemples juste après).

Après tout, pourquoi faire simple quand on peut compliquer la vie des gens ?

Masculin Féminin
Un livre : volume relié ou broché Une livre : ancienne unité de poids
Un manche : partie par laquelle on tient un instrument Une manche : partie de vêtement qui couvre le bras
Un mémoire : document écrit Une mémoire : faculté de se rappeler, de se souvenir
Un vase : un récipient De la vase : bourbe
Un critique : personne qui juge Une critique : jugement défavorable

Exceptions de la langue française n°2 : La grammaire joue avec nos nerfs

Ne confondez pas :

« Elle aimait se faire un petit jeune de temps en temps » et « elle aimait se faire un petit jeûne de temps en temps ».

Preuve, s’il en fallait, que la ponctuation et les accents peuvent sauver des vies 😊. Alors que la grammaire et ses règles loufoques peuvent, à l’inverse, clairement en détruire…      

Poussons donc ensemble les portes de notre hôpital psychiagrammatical.

Le pluriel des noms : une explosion d’exceptions

En théorie, il suffit d’ajouter un « s » pour passer au pluriel. Mais en pratique, c’est bien plus compliqué… En effet, les règles simples, ce n’est pas la tasse de thé de la langue française qui adore les exceptions. Et elle adore encore plus les exceptions dans les exceptions (un véritable mille-feuille grammatical).

 Ainsi, il existe des cas particuliers :

➡️ Les noms en – au, -eau, -eu, prennent un x au pluriel.

Exemple : un tuyau/des tuyaux.    

SAUF quatre noms : landau, sarrau, bleu et pneu. Qui eux… prennent bien un -s.

➡️Les noms en –ou prennent un s au pluriel.     

Exemple : un verrou/les verrous.   

SAUF sept noms : hibou, chou, caillou, bijou, genou, joujou, pou. Qui prennent… un -x.

➡️ Les noms en –ail prennent un s au pluriel.

Exemple : un chandail/des chandails.       

SAUF sept noms : bail, corail, émail, soupirail, travail, vantail, vitrail. Qui changent le -ail en -aux.

➡️ Les noms en -al font leur pluriel en -aux

Exemple : un cheval/des chevaux.

SAUF cinq noms : bal, carnaval, chacal, festival, régal. Qui prennent un « s » au pluriel.

Les 5 noms qui ne font pas leur pluriel en -aux

➡️ Enfin, les noms terminés par s, x ou z au singulier ne changent pas au pluriel.

Exemple : le nez/des nez.

SAUF : non, là, on vous taquine. Il n’y a rien à ajouter. OUF.

Sortez le –h de guerre, les voyelles sont possédées

En français, on n’est pas copain avec les voyelles, ces démons venus des Enfers. Ainsi, si un mot féminin commence par une voyelle ou un -h muet, le masculin montera sur son cheval blanc et transformera les « ma », « ta », « sa », en  « mon », « ton », « son ».
Par exemple, avant, on ne disait pas « mon amie », mais « ma amie ». Pour faciliter la prononciation, on a donc supprimé l’un des deux « a », puis élidé le « m’ ». Ce qui a donné « m’amie » ou « ma mie », terme affectueux à l’époque qui va finalement finir par se transformer en « mon amie ».

On a également le même problème avec des adjectifs comme « beau », « nouveau » et « vieux » qui changent de forme au masculin singulier devant un nom qui commence par une voyelle ou un h muet.

On dira ainsi : « un bel établissement », « un nouvel ami » ou « un vieil homme ».

Diablerie, on vous dit.

L’accord du participe passé avec « avoir »

Nous avons déjà rédigé un article complet sur l’accord du participe passé, mais si l’on parle « dingueries » comme disent les jeunes, difficile de passer à côté de cette exception exceptionnelle.

Normalement, le participe passé ne s’accorde pas avec l’auxiliaire avoir, sauf quand le complément d’objet direct (COD) est placé avant :

Exemple : Elle a acheté des fleurs / Les fleurs qu’elle a achetées. (On accorde : le COD est « fleurs », et il est avant le verbe) 

C’est compliqué, et c’est normal. C’est la langue française. On vous passe les autres règles tordues du même style, et on vous laisse gentiment vous torturer l’esprit en lisant notre précédent article sur le sujet. Bon chance (célèbre réplique dans le film Taken, pour les profanes) !

« Merci de » ou « Merci pour » : faites enfin la différence !

« Merci de » ou « Merci pour » : faites enfin la différence !

La langue française regorge de petites subtilités qu’il est nécessaire de maîtriser si l’on veut bien s’exprimer et surtout bien se faire comprendre. Parmi ces subtilités, on retrouve les formules de politesse bien connues : « merci de » et « merci pour ».

Ces deux expressions, souvent employées de manière interchangeable, ne signifient pourtant pas tout à fait la même chose. En réalité, et un peu comme toujours, leur bonne utilisation va dépendre essentiellement du contexte et de la nuance que vous souhaitez apporter à vos propos.

Alors, vous hésitez toujours entre « Merci de » ou « Merci pour » ? Voyons ensemble comment décrypter ces deux formules !

🎯🧠 Et n’oubliez pas de tester vos connaissances sur le sujet en fin d’article, un quiz vous y attend !

« Merci de » ou « Merci pour » ? Toutes les réponses dans cet article

On entend souvent que le diable est dans les détails. Nous n’allons très certainement pas dire le contraire, surtout en ce qui concerne les différents usages de la langue française.

La distinction entre « merci de » et « merci pour » est d’ailleurs le parfait exemple de cette complexité, si souvent décriée. Une seule petite préposition — en l’occurrence ici « de » ou « pour » — peut faire toute la différence. Mais comment savoir quelle formule employer ? Existe-t-il une règle bien spécifique à appliquer et qui marche à tous les coups pour ne plus se tromper ?

Nous allons tout vous expliquer dans cet article, histoire que vous deveniez incollable sur le sujet. Et si vous voulez continuer de vous améliorer sur votre maîtrise de la langue française, foncez donc lire notre précédent article qui décortique les 69 fautes de français courantes à ne plus (jamais) faire !

« Merci de » ou « Merci pour » : Quelle est la règle ?

D’après Le Larousse, le mot « merci » est un nom masculin qui marque la politesse et qui est utilisé pour exprimer à quelqu’un de la gratitude, de la reconnaissance pour ce qu’il fait ou a fait. Mais, chose plus surprenante, ce mot peut aussi prendre la marque du féminin, notamment dans des expressions comme « être à la merci de quelqu’un » ou être « sans merci ».    

En ce qui concerne les formules « merci de » ou « merci pour », les deux sont justes, mais vont dépendre du contexte dans lequel vous allez les utiliser. Dans tous les cas, retenez que le mot « merci » est toujours employé au masculin.  

Enfin — et phénomène suffisamment rare pour le souligner —, l’Académie française n’a pas (encore) émis d’avis ou édicté de règle spécifique pour nous aider à utiliser correctement ces deux formules. Toutefois, et tous les linguistes vous le diront, dans une langue « seul l’usage fait la loi ».  

Alors, que nous dit l’usage ? Voyons cela ensemble.

Quelques règles d’usage sont à respecter afin de bien employer les formules « merci de » et « merci pour »
Quelques règles d’usage sont à respecter afin de bien employer les formules « merci de » et « merci pour » © Julia Cameron for Pexels

Quand utiliser « merci de » ?

En règle générale, il est communément admis que :  

1. Lorsque le mot « merci » est placé devant un verbe à l’infinitif ou un passé composé, il est toujours suivi de la préposition « de ».

Exemples :

  • « Merci de m’avoir donné un coup de main »
  • « Merci d’être venu »

2. La formule « merci de » est employée pour parler d’un fait qui s’est déjà produit OU pour remercier par avance pour quelque chose que l’on attend (ce qui a donc comme effet de ressembler à une injonction, dans le sens de « veuillez faire ceci ou cela », et cela peut être mal interprété par votre interlocuteur). 

Exemple :

  • « Merci de bien vouloir m’envoyer ce document dans les plus brefs délais »

3. Lorsque le mot « merci » est placé devant un nom, il est possible d’utiliser l’une ou l’autre des prépositions, « de » ou « pour », sans distinction.    

Exemple :

  • « Merci de votre attention » ou « merci pour votre attention »

Quand utiliser "merci de" ? Rappel des règles

Quand utiliser « merci pour » ?

La formule « merci pour » s’emploie devant un groupe nominal et met davantage l’accent sur un objet ou sur quelque chose de vraiment concret, de précis.

Exemple :

  • « Merci pour ce café »

La formule « merci pour » est aussi employée pour remercier d’une action à venir. Il s’agit dans ce cas d’une règle générale, qui n’est pas systématiquement respectée.

Exemple :

  • « Merci pour ton invitation » (➡️ ici, dans cet exemple, on a été invité, mais le rendez-vous n’a pas encore eu lieu.)

⚠️ Dans tous les cas, on n’emploie jamais « merci pour » devant un verbe. ⚠️

Quand utiliser "merci de" ? Rappel des règles

« Remercier de » ou « remercier pour » ?

A l’image de la différence entre « merci de » et « merci pour », la question du choix de la bonne préposition après le verbe « remercier » suit une logique assez claire… à quelques nuances près.

Lorsque le complément est un verbe à l’infinitif, seule la préposition « de » est correcte :

Exemple :

  • « Je vous remercie de m’avoir répondu si rapidement. »

Devant un nom, l’usage admet « de » ou « pour », avec une préférence :

  • « remercier de » pour des notions abstraites ou comportementales : votre patience, votre confiance, votre disponibilité…
  • « remercier pour » avec des éléments concrets, donnés ou produits : votre message, ce rapport détaillé, vos explications…

Certains mots comme « aide » ou « réponse » sont à la frontière entre les deux : bien qu’immatériels, ils sont perçus comme des actes concrets rendus à autrui.

Les deux formulations (remercier de votre aide / remercier pour votre aide) sont alors acceptées, sans qu’aucune ne soit fautive.

Pour un style élégant ou un e-mail professionnel, on retiendra cette nuance : « remercier de » est plus soutenu, « remercier pour » est plus courant.

Enfin, lorsqu’on remercie pour plusieurs choses de nature différente, on privilégie en général « pour » :

Exemple :

  • « Je vous remercie pour vos fleurs et votre gentillesse. »

Voilà pour ce nouvel article de langue française, dédié à la différence entre « merci de » et « merci pour ».

Merci de l’avoir lu ! Et je vous remercie également pour le temps que vous passerez à tester vos connaissances sur le sujet avec le quiz ci-dessous.

Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !

« Merci de » ou « merci pour » ? Cherchez les erreurs parmi les 7 propositions ci-dessous. Attention, vous n’avez que 3 vies.

Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)


1. Phrase correcte : devant un verbe à l’infinitif (« ne pas faire »), on emploie « merci de ».

2. Phrase incorrecte : devant un verbe à l’infinitif (« avoir acheté »), on attend « merci de », et non « merci pour ».

3. Phrase correcte : « ce moment » est un nom → « merci pour » convient.

4. Phrase correcte : « bien vouloir fermer » est une forme infinitive → « merci de ».

5. Phrase correcte : « votre retour » est un nom → « merci pour » est naturel ici.

6. Phrase correcte (usage courant) : « gentillesse » et « confiance » sont des noms → « remercier pour » est acceptable (même si « je vous remercie de votre gentillesse » est souvent jugé plus soigné).

7. Phrase correcte : « m’avoir tenu informé » est un infinitif → « je vous remercie de… ».

Tout, tous, toute : maîtrisez l’accord une bonne fois pour toutes !

Tout, tous, toute : maîtrisez l’accord une bonne fois pour toutes !

La bonne utilisation de « tout », « tous » et « toute » est une source fréquente d’erreurs en français. Pourtant, en maîtrisant quelques règles simples, vous pourrez éviter de les confondre et enfin écrire avec justesse… une bonne fois pour toutes !

Visuel Tout accord. Tout peut être un nom, un adverbe; un adjectif ou un pronom.

Les différentes natures grammaticales du mot « tout »

Dans le paysage vallonné de la langue française, certains mots se transforment et s’accordent au gré des situations, semant parfois le chaos dans nos esprits. « Tout », « tous » et « toute » figurent parmi ces petits éléments qui peuvent nous donner du fil à retordre et… de grands moments de solitude. Car le mot « tout » n’est pas une petite nature, et il donne du fil à retordre, par toutes les variations grammaticales qu’il peut prendre pour définir sa nature, justement.

💡Règle simple à retenir : « tout » peut être adjectif, adverbe ou nom.
Eh oui, tout cela à la fois !

A) Adjectif

« Tout » se rapporte à un nom ou à un pronom auquel il s’accorde. Plus précisément, il peut être :

➤ Adjectif qualificatif (au singulier), il signifie :

  • « Tout entier » (placé devant un nom accompagné de l’article)
    Exemple : Toute la famille est réunie.
  • « Seul »
    Exemple : Pour toute excuse, il allégua son ignorance.

➤ Adjectif indéfini, il signifie :

  • « Chaque, n’importe quel »
    Exemple : À tout instant, je suis obligée de m’arrêter.
  • « Tous », sans exception
    Exemple : Tous les voleurs fuient à toutes jambes.

Attention à l’usage

On écrit bien :

  • De tout côté ou de tous côtés
  • En tout sens ou en tous sens

B) Pronom indéfini

Quand « tout » remplace un nom, est sujet ou complément et quand il signifie :

  • « Tout le monde, toutes les choses »
    Exemple : Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. (La Fontaine)
  • « N’importe qui, n’importe quoi »
    Exemple : Tout arrive à qui sait attendre.

C) Adverbe

« Tout » est adverbe lorsqu’il signifie :
« Tout à fait, entièrement, si, très », modifiant ainsi un adjectif, un adverbe, un verbe ou un nom.
Exemple : Des livres tout neufs.

Remarque :

Comme adverbe, « tout » est généralement invariable. Pour le reconnaître, c’est simple : on peut retirer « tout » de la phrase sans en altérer le sens.

Exemple :

Elle était devenue une tout autre fille
OU
C’est une tout autre histoire.

Mais comme souvent en français, quelques exceptions viennent compliquer les choses :

  • Par euphonie, « tout » s’accorde devant les adjectifs féminins commençant par une consonne ou un h aspiré.
    Exemple : La fleur toute blanche a ses feuilles toutes hérissées.
  • On admet également l’accord devant les adjectifs féminins commençant par une voyelle ou un h muet.
    Exemple : La planète tout entière / La planète toute entière.

Cependant, « tout » reste adverbe (donc invariable) dans des expressions figées comme :
Tout en fleurs, être tout yeux, tout oreilles

D) Nom

Lorsqu’il est précédé d’un article, « tout » devient un nom au sens de :

La totalité, l’ensemble.
Exemple : Donnez-moi le tout.

E) Adjectif ou adverbe devant l’adjectif « autre »

Ce cas pose souvent problème. Parfois on écrit toute autre solution, parfois tout autre reste invariable. Pourquoi ?
Tout dépend de la fonction grammaticale du groupe “tout autre” dans la phrase.

Cas n°1 : “tout autre” est adjectif épithèteon accorde

Quand le groupe tout autre qualifie directement un nom (il est épithète), “tout” s’accorde en genre et en nombre.
C’est le cas le plus fréquent à l’écrit.

Exemples :
Une toute autre solution s’impose.
Toutes les autres réponses étaient fausses.

Ici, tout autre est collé au nom qu’il qualifie (solution, réponses). On parle d’adjectif épithète.

Cas n°2 : “tout autre” est attributon n’accorde pas

Quand le groupe est relié au sujet par un verbe d’état (être, devenir, rester…), “tout” prend le sens de « entièrement ». Comme on l’a vu plus haut, il devient alors adverbe et reste invariable.

Exemples :
Ces propositions sont tout autres.
Il est tout autre depuis son accident.

Ici, tout autre ne qualifie pas directement un nom mais complète le verbe. On parle d’attribut du sujet.
Et comme tout est devenu un adverbe d’intensité, il ne s’accorde pas.

Astuce pour ne pas se tromper

Posez-vous la question :
👉 Est-ce que je pourrais remplacer “tout” par “entièrement” ?

  • Si oui → c’est un adverbe, donc invariable.
  • Si non → c’est un adjectif, donc accord obligatoire.

Accord de « Tout » : tout est question d’entraînement !

Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !

Écrivez correctement « tout » dans les expressions suivantes. Vous avez 3 vies.

Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)


Les noms composés en français : quel accord ? (+ liste & PDF)

Les noms composés en français : quel accord ? (+ liste & PDF)

Accorder ou ne pas accorder ? Telle est la question avec les noms composés de la langue française, qui sont de véritables épines orthographiques dès qu’il s’agit de les mettre au pluriel. Alors, afin d’éviter toute souffrance inutile, lisez cet article qui récapitule les règles générales d’accord des noms composés ainsi que leurs exceptions.

✅📋Ne partez pas trop vite ! Vous trouverez également une liste des noms composés les plus courants avec leur pluriel en fin de cet article, ainsi qu’un quiz en fin d’article pour tester votre niveau !

noms composés : règles d'accord en un coup d'oeil

Qu’est-ce qu’un mot composé ?

La langue forme un grand nombre de mots nouveaux en joignant deux ou plusieurs mots : nom et nom, adjectif et nom, verbe et nom, etc. On met, le plus souvent, un trait d’union entre les éléments de ces mots.

C’est donc ce que l’on appelle les mots composés à proprement parler. Et nous en connaissons toutes et tous énormément : chou-fleur ; plate-bande ; arrière-garde… la liste est longue !

Comment accorder les noms composés ?    

D’une manière générale, dans les noms composés, seuls le nom et l’adjectif peuvent se mettre au pluriel, si le sens le permet (une sage-femme, des sages-femmes). Et, lorsque le nom composé est formé de deux noms unis par une préposition, alors seul le premier s’accorde (un arc-en-ciel, des arcs-en-ciel).

Ça, c’est la règle générale, mais il y a des exceptions. Pas besoin de prendre un Doliprane, vous allez vite comprendre. Voyons ensemble tous les cas particuliers.

Doit-on écrire des « sèche-serviettes » ou des « sèche-serviette » ?

Eh bien, apprenez que l’on peut écrire les deux ! Fariboles, nous direz-vous, et vous auriez sans doute eu raison en 1990, avant la réforme de l’orthographe. Alors, comment doit-on accorder un nom composé ? Voilà indéniablement de quoi se faire des nœuds au cerveau. 

En effet, si tout cela peut sembler complexe de prime abord, l’accord des noms composés en français repose en réalité sur des règles de grammaire claires et précises (avec toutefois quelques exceptions, sinon ce n’est pas drôle). Très simples, elles pourront vous donner le goût de la tournure correcte et de la nuance en orthographe. Tout un programme, dans lequel nous nous plongeons maintenant.

Le pluriel des noms composés : toutes les règles d’accord

A. Les noms composés en un seul mot

Les noms composés qui s’écrivent en un seul mot forment leur pluriel comme des noms simples.

Exemples : un entresol, des entresols.  

Toutefois, pour toujours plus d’imbroglio, on écrit : un gentilhomme, des gentilshommes ; un bonhomme, des bonshommes, un monsieur, des messieurs ; madame, mesdames.

B. les noms composés en plusieurs mots

Accrochez-vous, là, on entre dans le vif du sujet.

Si les noms composés qui s’écrivent en plusieurs mots sont formés :

  1. d’un adjectif et d’un nom, ils prennent la marque du pluriel.
    • Exemple : un coffre-fort, des coffres-forts / Un château fort, des châteaux forts.  
  2. de deux noms en apposition, ils prennent la marque du pluriel.
    • Exemple : un chou-fleur, des choux-fleurs.
  3. d’un nom et de son complément introduit ou non par une préposition, seul le premier nom est au pluriel.
    • Exemples : Une pomme de terre, des pommes de terre. / Un timbre-poste, des timbres-poste (ici, la préposition n’est pas exprimée, on parle de La Poste, seule et unique, donc on n’accorde pas).
  4. d’un mot invariable et d’un nom, seul le nom est au pluriel.
    • Exemple : un en-tête, des en-têtes.
  5. de deux verbes ou d’une expression, tous les mots sont invariables.
    • Exemple : un tête-à-tête, des tête-à-tête.
  6. d’un verbe et de son complément, le verbe reste invariable et le nom conserve en général la même forme qu’au singulier (tous les noms composés de abat- ; cache- ; porte- ; presse- ), sauf dans certains cas.
    • Exemples :  un presse-purée, des presse-purée. / Un abat-jour, des abat-jour.
    • MAIS : un couvre-lit, des couvre-lits. / Un tire-bouchon, des tire-bouchons.

Pour ce dernier point, notons aussi que certains noms composés peuvent toujours être au pluriel. Ou avoir deux orthographes légitimes.

  • Exemple : un compte-gouttes. / Un/des essuie-main(s) ou un/des attrape-nigaud(s).

Cas particuliers

  1. Dans les noms composés du mot garde, celui-ci peut être un nom ou un verbe. S’il est un nom, c’est-à-dire qu’il a le sens de gardien, il prend la marque du pluriel. En revanche, s’il est un verbe, il reste invariable et le nom qui suit pourra prendre la marque du pluriel, selon le sens.
    • Exemple : un garde-malade, des gardes-malades. / Un garde-manger, des garde-manger. / Un garde-boue, des garde-boue (ici, garde est un verbe, il protège de la boue au singulier).
  2. Dans certaines expressions au féminin formées avec l’adjectif grand, l’usage veut que grand reste invariable.
  3. Quand le premier mot d’un nom composé se termine par un –o, ce mot reste invariable.
    • Exemple : un électro-aimant, des électro-aimants.

⚠️ ATTENTION :
Ne confondez pas « le cou-de-pied », c’est-à-dire le dessus du pied, et le coup de pied. Ce sont des homonymes, des mots de prononciation identique, mais de sens différents.
Prenez garde également aux termes issus du droit : un ayant droit et un ayant cause (l’Académie française ne met pas de trait d’union) qui révèlent la survivance d’un vieil usage du pluriel (des ayants droit, des ayants cause).

Noms composés : le tableau récapitulatif

Règle On accorde ou non ?
Pour tous les noms composés avec un seul mot Pluriel
Nom composé d’un adjectif + nom Pluriel aux deux mots
Nom composé de deux noms Pluriel aux deux mots
Nom composé d’un nom + complément Seul le premier nom est au pluriel
Nom composé d’un nom invariable + nom Seul le nom est au pluriel
Nom composé de deux verbes ou expression Invariable
Nom composé d’un verbe + complément Invariable, sauf exception
Nom composé du mot garde Si nom, sens de gardien, pluriel. Et nom qui suit reste invariable.
Si verbe, invariable et nom qui suit au pluriel, selon le sens.
Nom composé avec l’adjectif grand Invariable, sauf exception
Nom composé avec un nom terminant par -o Le premier mot est invariable

Et si vous le préférez en infographie (plus facile à partager), voici le récap’ des règles d’accord des noms composés ci-dessous.

Accord des noms composés : l’infographie

Infographie règles accord-noms composés

La liste des noms composés les plus courants et leur accord (à télécharger en PDF)

Enfin, pour peaufiner vos connaissances sur l’orthographe et les accords, voici une liste des 30 noms composés les plus courants en français et de leur pluriel. Règles complètes et liste d’exemples que vous pouvez télécharger en PDF ou en HTML et réutiliser librement pour tous vos besoins pédagogiques. 💎💎

Noms composés Pluriel
Un à-côtéDes à-côtés
Un à-coupDes à-coups
Une arrière-saisonDes arrière-saisons
Un essuie-main(s)Des essuie-main(s)
Un(e) après-midiDes après-midi
Une avant-gardeDes avant-gardes
Un brise-glaceDes brise-glace
Un cerf-volantDes cerfs-volants
Un chef-d’œuvreDes chefs-d’œuvre
Un contre-ordreDes contre-ordres
Un coupe-feuDes coupe-feu
Un crève-cœurDes crève-cœur
Un emporte-pièceDes emporte-pièce
Un en-têteDes en-têtes
Un faire-partDes faire-part
Un savoir-faireDes savoir-faire
Un garde-fouDes garde-fous
Un grille-painDes grille-pain
Un haut-parleurDes haut-parleurs
Un laissez-passerDes laissez-passer
Un monte-chargeDes monte-charge
Un passe-partoutDes passe-partout
Un porte-paroleDes porte-parole
Un rabat-joieDes rabat-joie
Un serre-têteDes serre-tête
Un souffre-douleurDes souffre-douleur
Un sous-solDes sous-sols
Un tête-à-têteDes tête-à-tête
Un tout-à-l’égoutDes tout-à-l’égout
Un trouble-fêteDes trouble-fêtes

Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !

Mettez au pluriel les noms composés suivants. Attention, vous n’avez que 3 « vies » !

Proposition a) :

Un monte-charge


A) Des monte-charge
B) Des monte-charges
C) Les deux sont admis

Proposition b) :

Un court-circuit


A) Des court-circuit
B) Des courts-circuits
C) Des courts-circuit

Proposition c) :

Un micro-ordinateur


A) Des micros-ordinateurs
B) Des micro-ordinateurs
C) Des micro-ordinateur

Proposition d) :

Une arrière-boutique


A) Des arrières-boutiques
B) Des arrière-boutiques
C) Des arrière-boutique

Proposition e) :

Un pince-sans-rire


A) Des pince-sans-rire
B) Des pinces-sans-rire
C) Des pince-sans-rires

Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)


a) Des monte-charge ou des monte-charges : composé d’un verbe + complément, on peut ne pas accorder, ou accorder le complément « charges ».

b) Des courts-circuits : ici, court est un adjectif et circuit un nom → on accorde les deux.

c) Des micro-ordinateurs : « micro » est un nom invariable se terminant par -o, seul le deuxième mot prend le pluriel.

d) Des arrière-boutiques : « arrière » est un élément invariable, on accorde uniquement le nom principal « boutique ».

e) Des pince-sans-rire : il s’agit d’une expression figée, donc invariable au pluriel.

Top 13 des fautes de syntaxe que l’on entend tous les jours

Top 13 des fautes de syntaxe que l’on entend tous les jours

Que celui ou celle qui n’a jamais commis d’erreurs, grammaticalement parlant, lève les mains de son clavier. Personne ? C’est bien normal, car le français étant une langue très difficile, il n’est pas rare de s’emmêler les pinceaux au cours d’une discussion, malmenant au passage la sacro-sainte syntaxe.

Pourtant, tout cela n’est pas une fatalité. Faute base qui hérisse les poils, ou erreur un peu plus « technique », découvrez dans cet article notre Top 13 des fautes de syntaxe les plus répandues (et douloureuses), pour ne plus jamais être pris en faute.

Qu’est-ce qu’une rupture de syntaxe ?

Il existe des erreurs de français plus difficiles à entendre que d’autres. Des erreurs qui donnent un peu envie de demander : « mais, de quoi tu causes ? ». Au quotidien, la grammaire subit quelques offenses que nous allons tenter de réparer grâce à cet article, afin de nous éviter la rupture. Comme la rupture de syntaxe.

D’ailleurs, de quoi s’agit-il ? C’est lorsque la fin de la phrase n’est plus en harmonie avec son début. Ainsi, en lisant du début à la fin notre top 13 des fautes de syntaxe, vous vous lancez dans une quête ambitieuse : celle de parler un français sans fautes. Ensuite, fini les excuses, vous ne pourrez plus dire que « vous ne sachiez pas ».

Qu’est-ce qu’une faute de syntaxe ?

Continuons notre exploration de ce formidable concept linguistique. Il s’agit d’une partie de la grammaire très utile, puisqu’elle s’intéresse à l’ordre des mots et aux règles qui président leur regroupement. La syntaxe, pour simplifier, c’est la manière dont les mots s’agencent pour former une phrase compréhensible et logique.

Il est possible de faire une faute de syntaxe :

  • Si un mot n’est pas placé correctement dans la phrase.
  • Si l’on oublie un mot dans la phrase.
  • Si l’on ne place pas le bon mot avec la bonne signification, dans la phrase.

Que ce soit sur les réseaux sociaux, sur Internet ou à la télévision, les fautes de syntaxe sont monnaie courante. Autant on peut parfois tomber dans le piège d’une exception de la langue française (qui est une langue difficile !), autant certaines fautes relèvent du sacrilège ! Pour votre plus grand bonheur, voici un florilège de ces fautes les plus répandues et qui font mal à la grammaire.

fautes de syntaxe : le problème de la phrase interrogative insérée au milieu d'une phrase

1) C’est qui qui a fait ce carnage ?

Oui, en parlant de carnage, en voici un beau. Ici, le redoublement de pronom relatif n’a pas lieu d’être. De plus, le mot interrogatif « qui » doit être placé en début de phrase, en inversant le sujet.

Phrase correcte : Qui a fait ce carnage ?

2) Je sais pas c’est qui.    

Entendu aussi avec « je sais pas c’est quoi » ou « je sais pas c’est où ». Un bel exemple d’oubli de négation (« ne »), plutôt courant à l’oral et qui ne nous choque pas à outrance (quoique…les Kevin, on vous voit), mais surtout une belle inversion verbe/complément digne des plus grands cancres en grammaire (hein, Kevin ?).

Phrase correcte : Je ne sais pas qui c’est.

3) C’est Ginette qui est entrée à l’intérieur de la maison.

Et bim ! Cette Ginette, toujours dans les mauvais coups… surtout ceux portés à la grammaire. L’expression « entrée à l’intérieur » constitue un pléonasme, c’est-à-dire une répétition, complètement inutile ici. 

Phrase correcte : C’est Ginette qui est entrée dans la maison.

4) Je travaille sur Lyon. 

Celle-ci, elle fait plutôt rigoler, car à moins que Lyon soit un ami ou un canapé, il ne semble pas logique d’utiliser « sur » pour parler d’une ville.

Phrase correcte : je travaille à Lyon.

5)  C’est de cela dont il s’agit.

Cet exemple est déjà plus technique, car on l’entend vraiment partout. Tant et si bien que l’on commence à penser qu’il s’agit d’une version correcte et soutenue. Eh bien, que nenni ! Si la phrase est construite avec un « de », alors ce n’est pas le pronom « dont » qu’il faut utiliser après, mais « que ».       

Phrase correcte : « C’est de cela qu’il s’agit. » OU « C’est cela dont il s’agit. »

6) Cette situation pose problème.

Un seul mot vous manque et tout est dépeuplé. Ici, il manque l’article indéfini « un ».     

Phrase correcte : Cette situation pose un problème.

7) Pour les personnes âgées, il faut leur accorder de meilleures conditions de vie.

Ici, c’est l’inverse du point 6 de notre Top. Comme dit toujours Papy Édouard : « Mollo très mollo, point trop n’en faut, mon coco ». Et il avait raison ! À vouloir trop en faire, on ajoute des mots et… on se trompe ! Faites confiance à Papy Edouard, la syntaxe, c’est son truc.

Phrase correcte : Il faut accorder de meilleures conditions de vie aux personnes âgées.

8) J’arrive pas à comprendre qu’est-ce qui se passe.

RIP la grammaire. Ici, rien ne va. Outre, encore une fois, la négation en début de phrase qui n’a pas été respectée (pauvre négation, toujours ignorée et bafouée), nous avons ici un bel exemple de phrase interrogative indirecte. Et c’est INTERDIT, bon Diou.

Phrase correcte : Je n’arrive pas à comprendre ce qui/qu’il se passe.

9) Au jour d’aujourd’hui, plus personne ne respecte la grammaire.

Voilà qui est mal dit, mais bon, qui sommes-nous pour juger, après tout ? Par contre, ce pléonasme, lui, vous juge doublement. En effet, « aujourd’hui » étant déjà un pléonasme (« hui » vient du latin  « hŏdĭē » qui signifie déjà « jour »), dire « au jour d’aujourd’hui » revient à dire « au jour du jour de ce jour ». Bref, un pléonasme, ça passe, deux pléonasmes, ça trépasse.

Phrase correcte : Aujourd’hui, plus personne ne respecte la grammaire.

10) Nous ne sommes pas assez nombreux, loin s’en faut !

Oh ! Le beau solécisme !

Solé..quoi ? Vous ne savez pas de quoi il s’agit ? Pas de panique, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur cette belle erreur de syntaxe grâce à notre brillant article sur le sujet.
Ici, il s’agit d’une confusion entre les expressions « loin de là » et de « tant s’en faut » qui, elles, sont justes. Pour souligner une allégation, on dira donc : « loin de là ».  Pour marquer un écart, une différence, on utilisera « tant s’en faut » qui signifie donc qu’il en manque beaucoup.

Phrase correcte : Nous ne sommes pas assez nombreux, loin de là ! OU Nous ne sommes pas assez nombreux, tant s’en faut !

11) Nous vous partageons tout ce qu’on sait sur la syntaxe.

Double outrage :

« Nous vous partageons » : ici, « nous vous partageons » n’est pas une formulation correcte, car il est un calque de l’anglais « to share ». L’Académie française rappelle d’ailleurs qu’il est déconseillé d’employer le verbe « partager » au sens de « communiquer », « échanger des propos » ou encore de « discuter ». Elle précise que « dans une conversation, on ne partage pas son point de vue, ses idées, son opinion, mais on cherche à les faire partager à son interlocuteur ».

Et « tout ce qu’on sait » : même si la construction en elle-même est grammaticalement correcte, l’utilisation familière du « on » doit être remplacée par le « nous » afin de s’aligner avec le reste de la phrase et d’assurer une certaine cohérence. Eh oui, NOUS sommes tatillons, parce que NOUS sommes respectueux de cette belle langue qu’est le français.

Phrase correcte : Nous partageons avec vous tout ce que nous savons sur la syntaxe.

12) « À toutes choses égales, il vaut mieux s’enfoncer dans la nuit qu’un clou dans la fesse droite, ou gauche, selon le cas ou les circonstances. » (Pierre Dac)

Allô, c’est grave, Docteur Grammaire ? Oui, c’est un zeugme. Ce n’est pas une maladie honteuse, juste une erreur de syntaxe. Heureusement, ça se traite (surtout en littérature, à des fins stylistiques).

Ici, le verbe « s’enfoncer » est utilisé dans deux contextes très différents : l’un abstrait (« dans la nuit ») et l’autre concret (« un clou dans la fesse droite, ou gauche »). C’est drôle, mais c’est une erreur quand même.   

Phrase correcte : À toutes choses égales, il vaut mieux s’enfoncer dans la nuit plutôt que de se planter un clou dans la fesse.

13) J’ai, hier, enfin compris les règles de la syntaxe.

Les adverbes, ça ne se place pas n’importe où, sinon cela peut altérer le sens de la phrase ou la rendre confuse.    
Un adverbe de temps, comme « hier », doit se placer en début ou en fin de phrase. Puisqu’on vous le dit. Faites-nous confiance, on n’est pas nés d’hier.

Phrase correcte : Hier, j’ai enfin compris les règles de la syntaxe.

Voilà pour les pires fautes de syntaxe, qui nous fatiguent les oreilles et les yeux au quotidien. En voyez-vous une que j’aurais oubliée ? Si oui, partagez-la en commentaires !