Problème d’accords, mauvaise concordance des temps, participe passé et orthographe erronée… autant d’erreurs impardonnables qui peuvent décrédibiliser tous vos écrits. Découvrez dans cet article les 7 erreurs de conjugaison les plus répandues, mais qui font toujours autant grincer des dents !

La conjugaison : une définition (de son importance)
La langue française (lien hub) peut sembler démoniaque pour celles et ceux qui essaient (vainement) de la maîtriser. Outre l’orthographe et la grammaire, la conjugaison représente un magnifique casse-tête, et ce, même pour les plus aguerris.
Mais reprenons les bases : la conjugaison, d’après le dictionnaire Le Robert, est l’ensemble des formes verbales suivant les voix, les modes, les temps, les personnes et les nombres.
Cette définition nous permet de comprendre que la conjugaison n’existe pas uniquement pour nous enquiquiner comme un affreux démon. Non, elle est surtout le petit ange de nos écrits, un des piliers essentiels de la clarté et de la précision de nos phrases. En effet, elle permet de situer l’action dans le temps, d’exprimer une intention, une certitude ou une hypothèse.
Sans la conjugaison, nos pauvres phrases resteraient éternellement figées, incapables d’exprimer la nuance, comme privées de logique et d’attraction. Que ce soit dans un cadre professionnel ou personnel, en enfer ou au paradis, une bonne maîtrise de la conjugaison garantit à votre message d’être bien compris. En la maîtrisant, vous apprenez ainsi à éviter les maladresses qui peuvent détourner l’attention du lecteur. Bref, tirez un trait sur le passé et lisez dès à présent cet article plus-que-parfait. À titre indicatif, vous y trouverez les 7 erreurs de conjugaison capitales qu’il est impératif de ne plus commettre dans le futur, ainsi qu’un quiz de 5 questions tordues à la fin. De quoi conjuguer apprentissage et plaisir !
Quel est le temps le plus difficile à conjuguer ?
On peut légitimement penser que le plus-que-parfait, le passé simple, ou encore le conditionnel sont les temps les plus difficiles à conjuguer. Pourtant, ces temps ont une structure logique, et surtout répétitive. La principale difficulté réside dans leur application (« quand faut-il les utiliser ? ») et non dans leur forme.
Dans les faits, l’indicatif présent — qui semble plutôt simple à première vue, car il est le temps le couramment utilisé — est sans aucun doute le temps qui représente le plus de difficultés tant il prend de formes variées.
Voici quelques exemples cocasses :
- Le verbe transitif « résoudre » donne « je résous » et non comme la raison le voudrait « je résouds ». Il donne aussi « il résout » au singulier, mais « ils résolvent ». Et, son participe passé est « résolu ». Tout cela est très peu intuitif…
- Pire encore avec le verbe pronominal du 3e groupe, « s’asseoir » : « je m’assieds » et « ils s’asseyent ».
Des irrégularités qui sont légion et qui rendent, il faut le dire, un peu zinzin.
Mais alors, comment bien utiliser l’indicatif présent ? Eh bien, il faut surtout faire appel à sa mémoire pour retenir toutes terminaisons irrégulières.

Les pires erreurs de conjugaison (en 7 péchés capitaux)
La colère ou la confusion entre l’infinitif et le participe passé
Nom de Diou ! S’il y a bien une erreur de conjugaison qui nous met les nerfs en pelote, c’est celle-ci : la confusion entre l’infinitif et le participe passé.
En effet, combien d’entre nous ont un jour reçu ce terrible mail au travail : « Merci de bien vouloir transféré ce document au plus vite ».
Au-delà du caractère légèrement agaçant de la tournure qui ressemble à un ordre dissimulé, la confusion entre l’infinitif et le participe passé d’un verbe du premier groupe est monnaie courante et… extrêmement agaçante.
Pour ceux qui feraient encore la faute, voici donc la règle à retenir :
- La terminaison -er est la marque de l’infinitif des verbes du 1er groupe comme le verbe « transférer ».
Exemple : Merci de bien vouloir transférer ce document au plus vite.
- À l’inverse, la terminaison en –é est la marque du participe passé des verbes du 1er groupe.
Exemple : Nous avons déjà bien transféré ce document.
ASTUCE : Pour choisir la bonne terminaison, il suffit de remplacer le verbe de votre phrase par un verbe du 3e groupe, par exemple avec le verbe « rendre ».
Exemple : On peut remplacer le verbe « transférer » par « rendre » :
« Merci de bien vouloir RENDRE ce document au plus vite » = vous avez donc bien affaire à un infinitif.
Dans le cas inverse, cela donne :
« Nous avons déjà bien RENDU ce document » = vous avez donc bien affaire à un participe passé. »
L’avarice ou les règles de l’impératif
En toute chose, il faut savoir être généreux… sauf à l’impératif. Avec ce mode, il ne faut pas hésiter à être avare de lettres, et notamment à garder pour soi la lettre –s.
En effet, il n’est pas rare, lorsque l’on veut exprimer un ordre, une défense, un conseil, un souhait ou une supposition, d’avoir besoin d’utiliser l’impératif. Or, ce dernier ressemble à s’y méprendre à l’indicatif présent.
Ainsi, Corneille a écrit très justement : « Va, cours, vole et nous venge ».
Toutefois, avouez qu’il est très tentant d’ajouter ce petit –s à la fin de nos verbes… surtout quand ces verbes à l’indicatif présent donnent des formes quasi similaires « tu vas, tu cours, tu voles et tu nous venges ».
Ne péchez donc point, et enlevez-nous ces –s intempestifs. La conjugaison vous le rendra.
L’envie ou les cas d’homophonie
Qui n’a jamais eu envie de copier son voisin ? C’est le cas de nombreuses formes verbales qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à d’autres mots et qui ne se distinguent bien souvent que par la présence d’un précieux accent circonflexe (lien).
Ainsi, l’accent circonflexe est de rigueur, au masculin singulier, pour le participe passé du verbe « devoir » : « dû » à ne pas confondre avec le partitif « du ».
Exemple : Il a dû téléphoner en urgence pour lui parler du résultat.
Même chose avec « crû » du verbe « croitre » qui ne doit pas être confondu avec l’adjectif qualificatif « cru » et le participe passé du verbe « croire », « cru ».
Exemple : Le niveau de l’eau a crû, et il m’a cru quand j’ai mangé du poisson cru.
L’orgueil ou les règles d’accord du participe passé
Que celui ou celle qui n’a jamais pensé maîtriser correctement les règles d’accord du participe passé nous jette le premier livre de conjugaison.
Celles-ci sont tellement tarabiscotées, notamment en ce qui concerne l’accord avec l’auxiliaire avoir, que nous avons décidé d’en faire un article dédié (lien) qui vous aidera à ne plus jamais commettre d’erreurs et à devenir aussi balèzes que nous (péché d’orgueil, quand tu nous tiens).
Exemples : Les fleurs que j’ai achetées étaient magnifiques.
En effet, avec l’auxiliaire « avoir », le participe passé s’accorde avec le COD placé avant le verbe. Ici, « que » représente « Les fleurs », donc « achetées » s’accorde en genre et en nombre.
Pour le reste, restez humbles et consacrez toujours un peu de temps à la vérification, cela évitera toute erreur qui risque de vous décrédibiliser à vie dans votre prochain email.
La gourmandise ou le méli-mélo de la concordance des temps
En toute chose, il vaut mieux ne pas être trop gourmand à écrire des phrases trop lourdes.
Entre le temps du verbe principal et le temps d’un verbe qui lui est subordonné va s’établir un rapport de dépendance du second au premier, d’où certaines règles dites de la « concordance des temps ».
Exemple : « Il disait qu’il partira demain » = c’est faux, car quand le verbe principal est au passé (disait), le verbe subordonné doit être au conditionnel présent (partirait), et non au futur.
Petit tableau récapitulatif :
| Verbe de la principale au présent ou futur simple | Verbe de la principale au passé | |
|---|---|---|
| Actions simultanées | Présent | Imparfait |
| Action antérieure dans la subordonnée | Imparfait ou passé composé | Plus-que-parfait |
| Action postérieure dans la subordonnée | Futur simple | Futur du passé (conditionnel présent) |
Précision importante, car comme souvent en français, les règles aiment se faire bousculer par l’usage.
Il existe des cas où la subordonnée échappe au diktat du temps principal. Par exemple, si l’on parle d’une vérité générale, ou d’un fait qui reste valide au moment où l’on parle, on peut garder le présent, même si la principale est au passé.
Exemples :
Il m’a appris que l’eau bout à 100 °C.
Elle m’a toujours dit que deux et deux font quatre.
Le passé de la principale ne contamine pas la subordonnée, parce que ce qu’elle énonce dépasse le cadre temporel de la phrase. Ces vérités-là sont intemporelles, inoxydables. On parle alors d’une concordance logique, plus que grammaticale.
De même, si l’information est encore vraie ou d’actualité au moment où l’on parle, le présent peut être gardé sans rougir :
Il m’a dit qu’il est fatigué.
(Sous-entendu : il l’est encore.)
Dans ce genre de phrase, la langue se fait plus souple : ce qui compte, c’est la perception du locuteur, plus que la mécanique des temps.

La paresse ou la perte des temps
Trop souvent, le passé simple est confondu avec l’imparfait, car beaucoup ont la « flemme » de vérifier la conjugaison de la 1re personne du singulier des verbes du 1er groupe. Eh bien, sachez que c’est fatiguant de voir ces erreurs tout le temps.
Exemple : Je serai ravie que vous acceptiez ma candidature.
C’est sympa, mais c’est faux. On doit écrire « Je serais ravie que vous acceptiez ma candidature ».
• « Je serai » est le futur simple, qui indique une certitude dans l’avenir (je serai docteure un jour).
• « Je serais » est le conditionnel présent, utilisé pour exprimer une hypothèse, une éventualité ou une politesse (exemple : je serais ravie que vous acceptiez ma candidature).
Dans notre phrase, on exprime un souhait, il faut donc utiliser le conditionnel et jouer de prudence plutôt que de paresse.
ASTUCE : pour différencier le conditionnel du futur, testez votre phrase avec la 2e personne du singulier.
Exemple : Je mangerais du chocolat si j’aimais ça (tu mangerais du chocolat si tu aimais ça = conditionnel) / Je mangerai du chocolat demain (tu mangeras du chocolat demain = futur)
La luxure, ou comment crier prend deux –i
Ne boudez pas votre plaisir et laissez-vous aller à vos rêves les plus osés : et si vous mettiez deux –i à « crier » ? Hérésie, nous direz-vous. Et pourtant, vous auriez tort.
Exemple : « il en fallait beaucoup pour que nous criions » et non « il en fallait beaucoup pour que nous crions ».
En effet, les verbes en –ier et en — yer au présent de l’indicatif se terminent en — ions et en — iez à la 1re et la 2e personne du pluriel. Toutefois, à l’imparfait et au subjonctif, il convient d’ajouter un –i supplémentaire.
ASTUCE : pour distinguer l’imparfait et le subjonctif du présent, il suffit de remplacer le verbe principal par un autre verbe comme « faire ».
Exemple : il faut que nous envoyions notre CV rapidement = Il faut que nous fassions notre CV rapidement).
Vous êtes toujours là ? Alors mettez vos compétences à l’épreuve avec les 5 questions de notre quiz ci-dessous !
Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !
Cherchez les erreurs parmi ces 5 propositions de conjugaison. Attention, vous n’avez que 3 vies.
Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)
1. Phrase incorrecte : après « il faut que », le subjonctif est obligatoire. La bonne conjugaison est donc « tu viennes ».
2. Phrase incorrecte : la bonne phrase est « donner, c’est donner, reprendre, c’est voler » : il s’agit de verbes à l’infinitif.
3. Phrase incorrecte : la bonne forme est « tu vaux mieux que ça ».
4. Phrase incorrecte : il faut écrire « Je crois que ça a dû te coûter un bras ! », car il s’agit du participe passé du verbe « devoir ».
5. Phrase incorrecte : il faut écrire « Les pommes que j’ai mangées étaient très bonnes », car le COD « que » reprend « les pommes » et est placé avant le verbe.











0 commentaires