La bonne utilisation de « tout », « tous » et « toute » est une source fréquente d’erreurs en français. Pourtant, en maîtrisant quelques règles simples, vous pourrez éviter de les confondre et enfin écrire avec justesse… une bonne fois pour toutes !
Les différentes natures grammaticales du mot « tout »
Dans le paysage vallonné de la langue française, certains mots se transforment et s’accordent au gré des situations, semant parfois le chaos dans nos esprits. « Tout », « tous » et « toute » figurent parmi ces petits éléments qui peuvent nous donner du fil à retordre et… de grands moments de solitude. Car le mot « tout » n’est pas une petite nature, et il donne du fil à retordre, par toutes les variations grammaticales qu’il peut prendre pour définir sa nature, justement.
💡Règle simple à retenir : « tout » peut être adjectif, adverbe ou nom. Eh oui, tout cela à la fois !
A) Adjectif
« Tout » se rapporte à un nom ou à un pronom auquel il s’accorde. Plus précisément, il peut être :
➤ Adjectif qualificatif (au singulier), il signifie :
« Tout entier » (placé devant un nom accompagné de l’article) Exemple : Toute la famille est réunie.
« Seul » Exemple : Pour toute excuse, il allégua son ignorance.
➤ Adjectif indéfini, il signifie :
« Chaque, n’importe quel » Exemple : À tout instant, je suis obligée de m’arrêter.
« Tous », sans exception Exemple : Tous les voleurs fuient à toutes jambes.
Attention à l’usage
On écrit bien :
De tout côté ou de tous côtés
En tout sens ou en tous sens
B) Pronom indéfini
Quand « tout » remplace un nom, est sujet ou complément et quand il signifie :
« Tout le monde, toutes les choses » Exemple : Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. (La Fontaine)
« N’importe qui, n’importe quoi » Exemple : Tout arrive à qui sait attendre.
C) Adverbe
« Tout » est adverbe lorsqu’il signifie : → « Tout à fait, entièrement, si, très », modifiant ainsi un adjectif, un adverbe, un verbe ou un nom. Exemple : Des livres tout neufs.
Remarque :
Comme adverbe, « tout » est généralement invariable. Pour le reconnaître, c’est simple : on peut retirer « tout » de la phrase sans en altérer le sens.
Exemple :
Elle était devenue une tout autre fille OU C’est une tout autre histoire.
Mais comme souvent en français, quelques exceptions viennent compliquer les choses :
Par euphonie, « tout » s’accorde devant les adjectifs féminins commençant par une consonne ou un h aspiré. Exemple : La fleur toute blanche a ses feuilles toutes hérissées.
On admet également l’accord devant les adjectifs féminins commençant par une voyelle ou un h muet. Exemple : La planète tout entière / La planète toute entière.
Cependant, « tout » reste adverbe (donc invariable) dans des expressions figées comme : → Tout en fleurs, être tout yeux, tout oreilles…
D) Nom
Lorsqu’il est précédé d’un article, « tout » devient un nom au sens de :
→ La totalité, l’ensemble. Exemple : Donnez-moi le tout.
E) Adjectif ou adverbe devant l’adjectif « autre »
Ce cas pose souvent problème. Parfois on écrit toute autre solution, parfois tout autre reste invariable. Pourquoi ? Tout dépend de la fonction grammaticale du groupe “tout autre” dans la phrase.
Cas n°1 : “tout autre” est adjectif épithète → on accorde
Quand le groupe tout autre qualifie directement un nom (il est épithète), “tout” s’accorde en genre et en nombre. C’est le cas le plus fréquent à l’écrit.
Exemples : • Une toute autre solution s’impose. • Toutes les autres réponses étaient fausses.
Ici, tout autre est collé au nom qu’il qualifie (solution, réponses). On parle d’adjectif épithète.
Cas n°2 : “tout autre” est attribut → on n’accorde pas
Quand le groupe est relié au sujet par un verbe d’état (être, devenir, rester…), “tout” prend le sens de « entièrement ». Comme on l’a vu plus haut, il devient alors adverbe et reste invariable.
Exemples : • Ces propositions sont tout autres. • Il est tout autre depuis son accident.
Ici, tout autre ne qualifie pas directement un nom mais complète le verbe. On parle d’attribut du sujet. Et comme tout est devenu un adverbe d’intensité, il ne s’accorde pas.
Astuce pour ne pas se tromper
Posez-vous la question : 👉 Est-ce que je pourrais remplacer “tout” par “entièrement” ?
Si oui → c’est un adverbe, donc invariable.
Si non → c’est un adjectif, donc accord obligatoire.
Accord de « Tout » : tout est question d’entraînement !
Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !
Écrivez correctement « tout » dans les expressions suivantes. Vous avez 3 vies.
Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)
1.TOUTE. Ici, adjectif qualitatif dans le sens de « tout entier ».
2.TOUS. Ici, adjectif indéfini, sans le sens de « tous, sans exception ».
3.TOUT. Ici, adverbe dans le sens de « tout à fait, très ».
4.TOUS. Ici, pronom indéfini qui rappelle « ses amis », avec lequel il s’accorde en genre et en nombre (masculin pluriel).
5.TOUTE. Ici, « tout », devant « autre », ne peut pas être retiré de la phrase : il s’accorde donc avec « demande », au féminin singulier.
6.TOUT. Ici, « tout » peut être retiré de la phrase : il est adverbe et invariable.
7.TOUTES. Ici, adjectif, il s’accorde avec « ces réformes » au féminin pluriel.
8.TOUS. Ici, adjectif indéfini, sans le sens de « tous, sans exception ».
9.TOUT ou TOUTE, car l’accord est possible devant un adjectif commençant par une voyelle (« entière »).
10.TOUTE. Ici, adjectif indéfini avec le sens de « chaque ».
Accorder ou ne pas accorder ? Telle est la question avec les noms composés de la langue française, qui sont de véritables épines orthographiques dès qu’il s’agit de les mettre au pluriel. Alors, afin d’éviter toute souffrance inutile, lisez cet article qui récapitule les règles générales d’accord des noms composés ainsi que leurs exceptions.
✅📋Ne partez pas trop vite ! Vous trouverez également une liste des noms composés les plus courants avec leur pluriel en fin de cet article, ainsi qu’un quiz en fin d’article pour tester votre niveau !
Qu’est-ce qu’un mot composé ?
Le français forme un grand nombre de mots nouveaux en joignant deux ou plusieurs mots : nom et nom, adjectif et nom, verbe et nom, etc. On met, le plus souvent, un trait d’union entre les éléments de ces mots.
C’est donc ce que l’on appelle les mots composés à proprement parler. Et nous en connaissons toutes et tous énormément : chou-fleur ; plate-bande ; arrière-garde… la liste est longue !
Comment accorder les noms composés ?
D’une manière générale, dans les noms composés, seuls le nom et l’adjectif peuvent se mettre au pluriel, si le sens le permet (une sage-femme, des sages-femmes). Et, lorsque le nom composé est formé de deux noms unis par une préposition, alors seul le premier s’accorde (un arc-en-ciel, des arcs-en-ciel).
Ça, c’est la règle générale, mais il y a des exceptions. Pas besoin de prendre un Doliprane, vous allez vite comprendre. Voyons ensemble tous les cas particuliers.
Doit-on écrire des « sèche-serviettes » ou des « sèche-serviette » ?
Eh bien, apprenez que l’on peut écrire les deux ! Fariboles, nous direz-vous, et vous auriez sans doute eu raison en 1990, avant la réforme de l’orthographe. Alors, comment doit-on accorder un nom composé ? Voilà indéniablement de quoi se faire des nœuds au cerveau.
En effet, si tout cela peut sembler complexe de prime abord, l’accord des noms composés en français repose en réalité sur des règles de grammaire claires et précises (avec toutefois quelques exceptions, sinon ce n’est pas drôle). Très simples, elles pourront vous donner le goût de la tournure correcte et de la nuance en orthographe. Tout un programme, dans lequel nous nous plongeons maintenant.
Le pluriel des noms composés : toutes les règles d’accord
A. Les noms composés en un seul mot
Les noms composés qui s’écrivent en un seul mot forment leur pluriel comme des noms simples.
Exemples : un entresol, des entresols.
Toutefois, pour toujours plus d’imbroglio, on écrit : un gentilhomme, des gentilshommes ; un bonhomme, des bonshommes, un monsieur, des messieurs ; madame, mesdames.
B. les noms composés en plusieurs mots
Accrochez-vous, là, on entre dans le vif du sujet.
Si les noms composés qui s’écrivent en plusieurs mots sont formés :
d’un adjectif et d’un nom, ils prennent la marque du pluriel.
Exemple : un coffre-fort, des coffres-forts / Un château fort, des châteaux forts.
de deux noms en apposition, ils prennent la marque du pluriel.
Exemple : un chou-fleur, des choux-fleurs.
d’un nom et de son complément introduit ou non par une préposition, seul le premier nom est au pluriel.
Exemples : Une pomme de terre, des pommes de terre. / Un timbre-poste, des timbres-poste (ici, la préposition n’est pas exprimée, on parle de La Poste, seule et unique, donc on n’accorde pas).
d’un mot invariable et d’un nom, seul le nom est au pluriel.
Exemple : un en-tête, des en-têtes.
de deux verbes ou d’une expression, tous les mots sont invariables.
Exemple : un tête-à-tête, des tête-à-tête.
d’un verbe et de son complément, le verbe reste invariable et le nom conserve en général la même forme qu’au singulier (tous les noms composés de abat- ; cache- ; porte- ; presse- ), sauf dans certains cas.
Exemples : un presse-purée, des presse-purée. / Un abat-jour, des abat-jour.
MAIS : un couvre-lit, des couvre-lits. / Un tire-bouchon, des tire-bouchons.
Pour ce dernier point, notons aussi que certains noms composés peuvent toujours être au pluriel. Ou avoir deux orthographes légitimes.
Exemple : un compte-gouttes. / Un/des essuie-main(s) ou un/des attrape-nigaud(s).
Cas particuliers
Dans les noms composés du mot garde, celui-ci peut être un nom ou un verbe. S’il est un nom, c’est-à-dire qu’il a le sens de gardien, il prend la marque du pluriel. En revanche, s’il est un verbe, il reste invariable et le nom qui suit pourra prendre la marque du pluriel, selon le sens.
Exemple : un garde-malade, des gardes-malades. / Un garde-manger, des garde-manger. / Un garde-boue, des garde-boue (ici, garde est un verbe, il protège de la boue au singulier).
Dans certaines expressions au féminin formées avec l’adjectif grand, l’usage veut que grand reste invariable.
Quand le premier mot d’un nom composé se termine par un –o, ce mot reste invariable.
Exemple : un électro-aimant, des électro-aimants.
⚠️ ATTENTION : Ne confondez pas « le cou-de-pied », c’est-à-dire le dessus du pied, et le coup de pied. Ce sont des homonymes, des mots de prononciation identique, mais de sens différents. Prenez garde également aux termes issus du droit : un ayant droit et un ayant cause (l’Académie française ne met pas de trait d’union) qui révèlent la survivance d’un vieil usage du pluriel (des ayants droit, des ayants cause).
Noms composés : le tableau récapitulatif
Règle
On accorde ou non ?
Pour tous les noms composés avec un seul mot
Pluriel
Nom composé d’un adjectif + nom
Pluriel aux deux mots
Nom composé de deux noms
Pluriel aux deux mots
Nom composé d’un nom + complément
Seul le premier nom est au pluriel
Nom composé d’un nom invariable + nom
Seul le nom est au pluriel
Nom composé de deux verbes ou expression
Invariable
Nom composé d’un verbe + complément
Invariable, sauf exception
Nom composé du mot garde
Si nom, sens de gardien, pluriel. Et nom qui suit reste invariable.
Si verbe, invariable et nom qui suit au pluriel, selon le sens.
Nom composé avec l’adjectif grand
Invariable, sauf exception
Nom composé avec un nom terminant par -o
Le premier mot est invariable
Et si vous le préférez en infographie (plus facile à partager), voici le récap’ des règles d’accord des noms composés ci-dessous.
Accord des noms composés : l’infographie
La liste des noms composés les plus courants et leur accord (à télécharger en PDF)
Enfin, pour peaufiner vos connaissances sur l’orthographe et les accords, voici une liste des 30 noms composés les plus courants en français et de leur pluriel. Règles complètes et liste d’exemples que vous pouvez télécharger en PDF ou en HTML et réutiliser librement pour tous vos besoins pédagogiques. 💎💎
Noms composés
Pluriel
Un à-côté
Des à-côtés
Un à-coup
Des à-coups
Une arrière-saison
Des arrière-saisons
Un essuie-main(s)
Des essuie-main(s)
Un(e) après-midi
Des après-midi
Une avant-garde
Des avant-gardes
Un brise-glace
Des brise-glace
Un cerf-volant
Des cerfs-volants
Un chef-d’œuvre
Des chefs-d’œuvre
Un contre-ordre
Des contre-ordres
Un coupe-feu
Des coupe-feu
Un crève-cœur
Des crève-cœur
Un emporte-pièce
Des emporte-pièce
Un en-tête
Des en-têtes
Un faire-part
Des faire-part
Un savoir-faire
Des savoir-faire
Un garde-fou
Des garde-fous
Un grille-pain
Des grille-pain
Un haut-parleur
Des haut-parleurs
Un laissez-passer
Des laissez-passer
Un monte-charge
Des monte-charge
Un passe-partout
Des passe-partout
Un porte-parole
Des porte-parole
Un rabat-joie
Des rabat-joie
Un serre-tête
Des serre-tête
Un souffre-douleur
Des souffre-douleur
Un sous-sol
Des sous-sols
Un tête-à-tête
Des tête-à-tête
Un tout-à-l’égout
Des tout-à-l’égout
Un trouble-fête
Des trouble-fêtes
Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !
Mettez au pluriel les noms composés suivants. Attention, vous n’avez que 3 « vies » !
Proposition a) :
Un monte-charge
A) Des monte-charge
B) Des monte-charges
C) Les deux sont admis
Proposition b) :
Un court-circuit
A) Des court-circuit
B) Des courts-circuits
C) Des courts-circuit
Proposition c) :
Un micro-ordinateur
A) Des micros-ordinateurs
B) Des micro-ordinateurs
C) Des micro-ordinateur
Proposition d) :
Une arrière-boutique
A) Des arrières-boutiques
B) Des arrière-boutiques
C) Des arrière-boutique
Proposition e) :
Un pince-sans-rire
A) Des pince-sans-rire
B) Des pinces-sans-rire
C) Des pince-sans-rires
Corrections (à ne déplier qu’après avoir passé le quiz, bien sûr…)
a)Des monte-charge ou des monte-charges : composé d’un verbe + complément, on peut ne pas accorder, ou accorder le complément « charges ».
b)Des courts-circuits : ici, court est un adjectif et circuit un nom → on accorde les deux.
c)Des micro-ordinateurs : « micro » est un nom invariable se terminant par -o, seul le deuxième mot prend le pluriel.
d)Des arrière-boutiques : « arrière » est un élément invariable, on accorde uniquement le nom principal « boutique ».
e)Des pince-sans-rire : il s’agit d’une expression figée, donc invariable au pluriel.
Que celui ou celle qui n’a jamais commis d’erreurs, grammaticalement parlant, lève les mains de son clavier. Personne ? C’est bien normal, car le français étant une langue très difficile, il n’est pas rare de s’emmêler les pinceaux au cours d’une discussion, malmenant au passage la sacro-sainte syntaxe.
Pourtant, tout cela n’est pas une fatalité. Faute base qui hérisse les poils, ou erreur un peu plus « technique », découvrez dans cet article notre Top 13 des fautes de syntaxe les plus répandues (et douloureuses), pour ne plus jamais être pris en faute.
Qu’est-ce qu’une rupture de syntaxe ?
Il existe des erreurs de français plus difficiles à entendre que d’autres. Des erreurs qui donnent un peu envie de demander : « mais, de quoi tu causes ? ». Au quotidien, la grammaire subit quelques offenses que nous allons tenter de réparer grâce à cet article, afin de nous éviter la rupture. Comme la rupture de syntaxe.
D’ailleurs, de quoi s’agit-il ? C’est lorsque la fin de la phrase n’est plus en harmonie avec son début. Ainsi, en lisant du début à la fin notre top 13 des fautes de syntaxe, vous vous lancez dans une quête ambitieuse : celle de parler un français sans fautes. Ensuite, fini les excuses, vous ne pourrez plus dire que « vous ne sachiez pas ».
Qu’est-ce qu’une faute de syntaxe ?
Continuons notre exploration de ce formidable concept linguistique. Il s’agit d’une partie de la grammaire très utile, puisqu’elle s’intéresse à l’ordre des mots et aux règles qui président leur regroupement. La syntaxe, pour simplifier, c’est la manière dont les mots s’agencent pour former une phrase compréhensible et logique.
Il est possible de faire une faute de syntaxe :
Si un mot n’est pas placé correctement dans la phrase.
Si l’on oublie un mot dans la phrase.
Si l’on ne place pas le bon mot avec la bonne signification, dans la phrase.
Que ce soit sur les réseaux sociaux, sur Internet ou à la télévision, les fautes de syntaxe sont monnaie courante. Autant on peut parfois tomber dans le piège d’une exception de la langue française (qui est une langue difficile !), autant certaines fautes relèvent du sacrilège ! Pour votre plus grand bonheur, voici un florilège de ces fautes les plus répandues et qui font mal à la grammaire.
1) C’est qui qui a fait ce carnage ?
Oui, en parlant de carnage, en voici un beau. Ici, le redoublement de pronom relatif n’a pas lieu d’être. De plus, le mot interrogatif « qui » doit être placé en début de phrase, en inversant le sujet.
Phrase correcte : Qui a fait ce carnage ?
2) Je sais pas c’est qui.
Entendu aussi avec « je sais pas c’est quoi » ou « je sais pas c’est où ». Un bel exemple d’oubli de négation (« ne »), plutôt courant à l’oral et qui ne nous choque pas à outrance (quoique…les Kevin, on vous voit), mais surtout une belle inversion verbe/complément digne des plus grands cancres en grammaire (hein, Kevin ?).
Phrase correcte : Je ne sais pas qui c’est.
3) C’est Ginette qui est entrée à l’intérieur de la maison.
Et bim ! Cette Ginette, toujours dans les mauvais coups… surtout ceux portés à la grammaire. L’expression « entrée à l’intérieur » constitue un pléonasme, c’est-à-dire une répétition, complètement inutile ici.
Phrase correcte: C’est Ginette qui est entrée dans la maison.
4) Je travaille sur Lyon.
Celle-ci, elle fait plutôt rigoler, car à moins que Lyon soit un ami ou un canapé, il ne semble pas logique d’utiliser « sur » pour parler d’une ville.
Phrase correcte : je travaille à Lyon.
5) C’est de cela dont il s’agit.
Cet exemple est déjà plus technique, car on l’entend vraiment partout. Tant et si bien que l’on commence à penser qu’il s’agit d’une version correcte et soutenue. Eh bien, que nenni ! Si la phrase est construite avec un « de », alors ce n’est pas le pronom « dont » qu’il faut utiliser après, mais « que ».
Phrase correcte :« C’est de cela qu’il s’agit. » OU « C’est cela dont il s’agit. »
6) Cette situation pose problème.
Un seul mot vous manque et tout est dépeuplé. Ici, il manque l’article indéfini « un ».
Phrase correcte : Cette situation pose un problème.
7) Pour les personnes âgées, il faut leur accorder de meilleures conditions de vie.
Ici, c’est l’inverse du point 6 de notre Top. Comme dit toujours Papy Édouard : « Mollo très mollo, point trop n’en faut, mon coco ». Et il avait raison ! À vouloir trop en faire, on ajoute des mots et… on se trompe ! Faites confiance à Papy Edouard, la syntaxe, c’est son truc.
Phrase correcte : Il faut accorder de meilleures conditions de vie aux personnes âgées.
8)J’arrive pas à comprendre qu’est-ce qui se passe.
RIP la grammaire. Ici, rien ne va. Outre, encore une fois, la négation en début de phrase qui n’a pas été respectée (pauvre négation, toujours ignorée et bafouée), nous avons ici un bel exemple de phrase interrogative indirecte. Et c’est INTERDIT, bon Diou.
Phrase correcte : Je n’arrive pas à comprendre ce qui/qu’il se passe.
9)Au jour d’aujourd’hui, plus personne ne respecte la grammaire.
Voilà qui est mal dit, mais bon, qui sommes-nous pour juger, après tout ? Par contre, ce pléonasme, lui, vous juge doublement. En effet, « aujourd’hui » étant déjà un pléonasme (« hui » vient du latin « hŏdĭē » qui signifie déjà « jour »), dire « au jour d’aujourd’hui » revient à dire « au jour du jour de ce jour ». Bref, un pléonasme, ça passe, deux pléonasmes, ça trépasse.
Phrase correcte : Aujourd’hui, plus personne ne respecte la grammaire.
10) Nous ne sommes pas assez nombreux, loin s’en faut !
Oh ! Le beau solécisme !
Solé..quoi ? Vous ne savez pas de quoi il s’agit ? Pas de panique, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur cette belle erreur de syntaxe grâce à notre brillant article sur le sujet. Ici, il s’agit d’une confusion entre les expressions « loin de là » et de « tant s’en faut » qui, elles, sont justes. Pour souligner une allégation, on dira donc : « loin de là ». Pour marquer un écart, une différence, on utilisera « tant s’en faut » qui signifie donc qu’il en manque beaucoup.
Phrase correcte : Nous ne sommes pas assez nombreux, loin de là !OUNous ne sommes pas assez nombreux, tant s’en faut !
11) Nous vous partageons tout ce qu’on sait sur la syntaxe.
Double outrage :
« Nous vous partageons » : ici, « nous vous partageons » n’est pas une formulation correcte, car il est un calque de l’anglais « to share ».L’Académie française rappelle d’ailleurs qu’il est déconseillé d’employer le verbe « partager » au sens de « communiquer », « échanger des propos » ou encore de « discuter ». Elle précise que « dans une conversation, on ne partage pas son point de vue, ses idées, son opinion, mais on cherche à les faire partager à son interlocuteur ».
Et « tout ce qu’on sait » : même si la construction en elle-même est grammaticalement correcte, l’utilisation familière du « on » doit être remplacée par le « nous » afin de s’aligner avec le reste de la phrase et d’assurer une certaine cohérence. Eh oui, NOUS sommes tatillons, parce que NOUS sommes respectueux de cette belle langue qu’est le français.
Phrase correcte : Nous partageons avec vous tout ce que nous savons sur la syntaxe.
12) « À toutes choses égales, il vaut mieux s’enfoncer dans la nuit qu’un clou dans la fesse droite, ou gauche, selon le cas ou les circonstances. » (Pierre Dac)
Allô, c’est grave, Docteur Grammaire ? Oui, c’est un zeugme. Ce n’est pas une maladie honteuse, juste une erreur de syntaxe. Heureusement, ça se traite (surtout en littérature, à des fins stylistiques).
Ici, le verbe « s’enfoncer » est utilisé dans deux contextes très différents : l’un abstrait (« dans la nuit ») et l’autre concret (« un clou dans la fesse droite, ou gauche »). C’est drôle, mais c’est une erreur quand même.
Phrase correcte : À toutes choses égales, il vaut mieux s’enfoncer dans la nuit plutôt que de se planter un clou dans la fesse.
13) J’ai, hier, enfin compris les règles de la syntaxe.
Les adverbes, ça ne se place pas n’importe où, sinon cela peut altérer le sens de la phrase ou la rendre confuse. Un adverbe de temps, comme « hier », doit se placer en début ou en fin de phrase. Puisqu’on vous le dit. Faites-nous confiance, on n’est pas nés d’hier.
Phrase correcte : Hier, j’ai enfin compris les règles de la syntaxe.
Voilà pour les pires fautes de syntaxe, qui nous fatiguent les oreilles et les yeux au quotidien. En voyez-vous une que j’aurais oubliée ? Si oui, partagez-la en commentaires !
C’est sans doute l’une des répliques les plus cultes du cinéma français : « Si j’aurais su, j’aurais pas venu » lançait un Petit Gibus désabusé dans le film La Guerre des boutons. Si cette phrase a une sonorité mignonne dans la bouche d’un enfant, elle n’est pourtant pas très jolie au regard de l’erreur de syntaxe qu’elle contient. D’ailleurs, cette célèbre erreur de langue française porte un nom : le solécisme.
Définition, origine complète, tableau explicatif avec les exemples les plus courants : découvrez dans cet article tout ce qu’il faut savoir sur le solécisme.
Sacrés solécismes ! Toujours à se fourrer là où on ne les attend pas…
Le solécisme : définition et étymologie
Qu’est-ce qu’un solécisme ? De nombreux exemples parsèment nos conversations tous les jours, à tel point qu’il devient parfois difficile de les débusquer !
Dans les faits, le solécisme se démarque en tant que faute de syntaxe dans le fait qu’il vient entacher la fluidité et l’exactitude du discours. Il s’agit d’un dérapage qui arrive bien plus souvent qu’on ne le pense, et qui se remarque — à l’inverse de la faute d’orthographe — aussi bien à l’écrit qu’à l’oral.
Cette faute particulière résulte bien souvent d’une influence régionale ou d’une méconnaissance des règles grammaticales parfois complexes de la langue française (comme nous en parlions d’ailleurs dans notre article sur les 16 pièges invisibles à traquer absolument). D’une manière générale, le solécisme est toléré dans les milieux familiers ou dans la littérature. Toutefois, il peut poser problème s’il est utilisé dans un cadre juridique ou professionnel, par exemple.
L’origine du mot solécisme
Parlons maintenant de son origine plus que savoureuse. Apparu au XIIIe siècle, le mot « solécisme » est emprunté du latin « solœcismus », tiré du grec « soloikismos » qui signifie « faute contre les règles du langage », lui-même issu de Soloi, « Soles », nom d’une colonie athénienne de Cilicie, située dans le sud de la Turquie actuelle.
Cette île avait la réputation de mal maîtriser la langue grecque, notamment en raison de la présence de nombreux Athéniens attirés par le commerce. Ce sont ces fautes récurrentes de langage entre populations qui ont ainsi mené à l’apparition du mot « solécisme ».
Fait amusant : de nos jours, le solécisme ne désigne pas uniquement une erreur de syntaxe, il s’emploie également au figuré et de manière familière, afin de désigner une erreur quelconque. Le Littré parle ainsi « de solécisme en conduite » ou de « solécismes en fait de gestes ». On parle également de l’action de « soléciser ».
Solécisme ou barbarisme : quelle différence ?
Attention à ne pas confondre le solécisme avec le barbarisme ! Souvent considérés à tort comme des synonymes, ces deux termes sont des fautes de français courantes qui désignent des erreurs bien différentes.
En effet, le barbarisme consiste à inventer un mot ou à le déformer. Il est souvent le résultat d’une erreur de locution, comme dans cet exemple : « aréoport » au lieu d’« aéroport ».
8 exemples de solécismes (beaucoup trop !) fréquents
Exemple de solécisme
Correction
Explication
Si j’aurais su, je serais pas venu.
Si j’avais su, je ne serais pas venu.
Le « si » demande l’imparfait, et pas le conditionnel. Il manque également la négation « ne », sans cela, la construction est trop familière.
Je me demande bien qu’est-ce qu’il a fait.
Je me demande bien ce qu’il a fait.
« Est-ce que » ne s’emploie que dans une question directe. Or, la phrase présente une interrogative indirecte, « ce qu’il » est approprié.
Un espèce de débile
Une espèce de débile
Le nom « espèce » est féminin, il faut donc dire « une espèce d’idiot ». L’erreur fréquente est de se concentrer sur son complément, ici « débile » au masculin.
Nous ne sommes pas assez nombreux, loin s’en faut !
Nous ne sommes pas assez nombreux, loin de là.
OU
Nous ne sommes pas assez nombreux, tant s’en faut !
Ici, il s’agit d’une confusion entre les expressions « loin de là » et « tant s’en faut » qui, elles, sont justes.
Pour souligner une allégation, on dira donc : « loin de là ».
Pour marquer un écart, une différence, on utilisera « tant s’en faut ». Qui signifie donc qu’il en manque beaucoup.
Touche-moi pas !
Ne me touche pas !
En tournure négative, le « ne » est obligatoire. L’erreur vient du questionnement « ne touche pas qui ? moi ». Ici, le pronom complément doit se situer à gauche de l’impératif : ne ME touche pas.
Je vais au coiffeur
Je vais chez le coiffeur
La phrase renvoie à l’idée de se rendre chez quelqu’un. On préfère donc utiliser « chez » que « au ».
On se demande bien qu’est-ce qu’on fait pour les trouver au final ?
Finalement, on se demande bien ce que l’on doit faire pour les trouver.
OU
Finalement, on se demande : que doit-on bien faire pour les trouver ?
Double solécisme :
« Au final » est grammaticalement faux. On préfère « finalement », en début de phrase, pour introduire un contexte.
Ici, « est-ce que » ne s’emploie que dans une question directe.
Je travaille sur Lyon
Je travaille à Lyon
La préposition « sur » n’a pas sa place devant un nom propre, car elle sert avant tout à désigner la position physique. « À » est plus approprié.
C’est sans doute l’une des questions qui divise le plus les experts de la langue française. Si la prononciation de cette expression bien française est identique, l’orthographe, elle, est différente et nous sommes souvent tentés d’écrire une version à la place de l’autre.
Alors, « autant pour moi » ou « au temps pour moi » : quelle orthographe est la bonne ? Nous allons voir dans cet article que la réponse n’est pas aussi évidente qu’on le pense et qu’elle mérite que l’on s’y attarde un moment.
Passionné par le français ? Explorons ensemble l’origine, le sens et les usages de cette expression afin de tenter de résoudre une bonne fois pour toutes ce dilemme orthographique.
Vous ne vous étiez sans doute jamais posé la question avant de devoir l’écrire : est-ce « autant pour moi » ou « au temps pour moi » ? Quelle version est correcte ?
Allez, ne paniquez plus. Respirez. Nous avons une bonne nouvelle pour vous, vous trouverez tout ce qu’il faut savoir dans cet article pour ne plus jamais douter de la bonne orthographe de cette expression. Et si vous voulez encore améliorer vos performances, foncez lire notre précédent article qui vous révèle 16 pièges invisibles à éviter pour ne plus faire de fautes.
Quelle est la signification de l’expression « autant/au temps pour moi » ?
Commençons par le commencement. D’après l’Académie française, cette expression signifie — et ce, peu importe son orthographe finalement — que l’on admet son erreur et que l’on va reprendre ou reconsidérer les choses depuis leur début.
Bref, lorsque l’on commet une maladresse et que l’on souhaite se rattraper auprès de la personne que l’on a offensée, « autant/au temps pour moi » semble être l’expression la plus appropriée.
Retenez toutefois qu’il s’agit d’une expression dite « familière« , c’est-à-dire qu’elle n’appartient pas au registre soutenu. Si vous voulez faire bonne impression et avoir l’air raffiné lors d’un dîner avec le président de la République par exemple (tout est possible !), évitez donc de l’employer. À la place, vous pouvez briller en utilisant l’expression latine « mea culpa » qui signifie littéralement « ma faute » et qui constitue également une manière élégante de reconnaître que l’on a mal agi.
L’origine de l’expression « au temps pour moi » serait militaire
Une origine militaire
D’après l’Académie française elle-même, il est impossible de savoir vraiment précisément à quelle époque ou comment est apparue l’expression « autant/au temps pour moi ». L’hypothèse qui semble toutefois la plus vraisemblable est celle qui renvoie au langage militaire, avec la graphie « au temps » et non « autant ».
En effet, lors d’un exercice, d’une manœuvre ou d’un défilé, les soldats devaient être en rythme — souvent celui d’une musique d’accompagnement — et de nombreuses injonctions leur étaient adressées pour leur indiquer comment et où se diriger. Ils devaient ainsi respecter des « temps », c’est-à-dire des moments précis, effectués à la seconde près, et séparés par des pauses. Une petite erreur dans l’enchaînement, et hop ! on hurlait donc aux pauvres soldats fautifs « au temps ! » afin qu’ils recommencent leur mouvement correctement depuis le début.
De la critique à l’autocritique, il n’y a donc qu’un pas — ou plutôt, un temps —, et l’expression « au temps pour moi » aurait ainsi trouvé sa place dans les rangs militaires avant de s’intégrer finalement tout doucement dans le langage courant. D’ailleurs, c’est également de cette origine que découle l’expression très connue : « en deux temps, trois mouvements », qui renvoie aux soldats qui effectuaient des mouvements très rapides pour changer leur arme de position. Plutôt logique, quand on y pense, n’est-ce pas ?
Le temps de la confusion
Il est vrai qu’à première vue, c’est la graphie « autant pour moi » qui semble la plus logique. Notamment parce qu’elle renvoie l’idée que l’on a fait une erreur, avec une certaine notion de réciprocité, « je pensais que tu avais tort, mais en voilà autant pour moi », réciprocité qui semble malgré tout absente de la version « au temps pour moi ».
Toutefois, et comme vous avez déjà pu le constater en lisant notre précédent article qui vous détaille les 69 fautes de français à ne plus (jamais) faire, la langue française est loin, très loin d’être simple, surtout lorsqu’il s’agit d’orthographe. Aussi, il n’est pas rare de s’emmêler les pinceaux devant ce qu’on appelle « l’homophonie ». Ce phénomène désigne des mots qui ont la même prononciation, mais un sens différent comme « autant » ou « au temps » ou encore « verre » ou « vair », par exemple. De quoi créer un joli embrouillamini, comme on les aime.
La graphie « autant pour moi » serait donc une altération de la graphie d’origine en raison de cette homophonie. Cela n’est pas sans rappeler le célèbre combat littéraire mené par Honoré de Balzac qui estimait que l’on devait écrire « Cendrillon ou la petite pantoufle devair », affirmant ainsi que la version de Charles Perrault et sa « petite pantoufle de verre » était erronée.
Mais, est-on bien sûr de cela ? La question anime encore les linguistes à ce jour, tout comme celle de la graphie « au temps pour moi ».
L’Académie française a finalement tranché : « au temps pour moi » est la bonne orthographe
Une expression qui fait encore débat
Eh oui, c’est bien là que les choses se corsent. Des voix s’élèvent et critiquent l’orthographe officielle et conforme à l’usage, à l’image du célèbre grammairien Maurice Grevisse. Celui-ci n’a jamais caché ses doutes et préférait la graphie « autant pour moi ». Pour lui, c’est la version « au temps pour moi » qui serait une altération et non l’inverse.
D’autres soupçonnent également l’expression « autant pour moi » d’être en réalité un calque de l’expression anglaise « so much for » qui se traduit par « autant pour » et qui est effectivement très similaire dans la forme et dans le sens.
Toutefois, et sauf ordre contraire, l’Académie française a tranché : elle estime que la seule et unique orthographe à retenir est celle conforme à l’étymologie.
La graphie « autant pour moi » n’est tout de même pas totalement fausse si vous en faites bon usage en l’utilisant notamment pour signaler à votre interlocuteur que vous désirez la même chose que lui.
Alors, ne doutez plus et obéissez aux ordres comme tout bon soldat : évitez les fantaisies (« OTAN pour moi », vous n’y pensez quand même pas !), et écrivez « au temps pour moi » !
« Autant pour moi » ou « Au temps pour moi » : quelques exemples pour ne plus vous tromper
J’ai 20 euros dans mon porte-monnaie. Ah non, au temps pour moi, je n’ai que 10 euros.
Jacqueline a commandé 10 sushis ? Alors, j’en veux autant pour moi, j’ai faim !
Les fautes simples, c’est déjà vu. Après les 69 fautes de français courantes, il est temps de passer à la vitesse supérieure pour atteindre l’objectif ambitieux de rédiger un français sans fautes.
Certains accords, distinctions lexicales ou anglicismes subtils poussent même les champions d’orthographe à la faute. Découvrez 16 erreurs avancées qui vous plongent dans les nuances de la langue française, celles qui font vraiment la différence pour rédiger dans un français sans faute. Vous ne deviendrez peut-être pas un maître absolu de la langue française à la fin de cet article, mais une chose est sure, vous n’en ressortirez pas sans avoir perfectionné votre plume.
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Le Bon Usage (Grevisse) : l’ouvrage incontournable pour comprendre et appliquer les règles de grammaire et de syntaxe. Leur blog est également à visiter.
Bescherelle : la référence pratique pour maîtriser la conjugaison et les subtilités de l’orthographe (visitez leur rubrique « Règles de français »).
Maintenant que tout est dit, c’est parti !
« Après que » + indicatif
Niveau de difficulté : 2/5 😏
Introduction
On commence en douceur avec cette faute, que tout locuteur natif avec un niveau de français correct connaît. Au travail, avec des amis, à la télévision, sur internet… Difficile de passer quelques jours sans entendre l’horrible subjonctif suivre cette locution !
Explication linguistique simplifiée
Règle générale :
« Après que » indique qu’une action est réalisée avant une autre.
Cette notion d’antériorité impose l’usage de l’indicatif, qui exprime une action effective ou réelle.
Exemples corrects :
Après que Marieest partie, nous avons rangé la salle.
Après que le trainfut passé, les barrières se levèrent.
Après que Paula annoncéla nouvelle, les invités se sont tus.
La confusion avec « avant que » :
Contrairement à « après que », « avant que » projette une action dans le futur ou une hypothèse. Cela nécessite donc le subjonctif.
Exemple :
Je souhaite lui parler avant qu’il ne parte.
Erreur fréquente :
L’analogie erronée entre les deux conjonctions, et d’autres conjonctions phonétiquement similaires (telles que « bien que ») qui utilisent le subjonctif, pousse de nombreux locuteurs à utiliser le subjonctif après « après que ».
Problème sous-jacent
L’influence scolaire : Les règles du subjonctif sont enseignées de manière parfois générique, ce qui laisse penser qu’il suit toujours les conjonctions.
Influence de la sonorité : La construction « après qu’il soit » semble plus fluide à l’oreille que « après qu’il est », ce qui favorise l’erreur.
Perception erronée de la formalité : Certains locuteurs pensent que le subjonctif donne une tournure plus élégante ou soutenue à leur propos.
Méthode pour éviter l’erreur
Identifiez si l’action est déjà réalisée ou si elle reste hypothétique.
Réalisée (ou certaine) → Indicatif
Hypothétique (ou non réalisée) → Subjonctif
« Sensé » vs. « Censé »
Niveau de difficulté : 2/5 😏
Introduction
Êtes-vous sûr(e) de savoir si une phrase est « sensée » ou « censée » ? Ces deux adjectifs sont homophones, mais leurs significations sont assurément différentes. Bien qu’elle ne soit pas extrêmement complexe pour un locuteur natif, cette confusion est suffisamment courante pour mériter d’être abordée.
Explication linguistique simplifiée
Définitions :
« Sensé » : Adjectif signifiant « qui fait preuve de bon sens, raisonnable ». Exemple :C’était une remarque sensée qui a évité une erreur.
« Censé » : Adjectif signifiant « supposé, réputé », souvent utilisé pour exprimer une attente ou une présomption. Exemple :Elle est censée finaliser le dossier avant midi.
Repère mnémotechnique :
« Sensé » est lié au sens, au bon jugement.
« Censé » contient un c, comme dans conjecture, pour marquer une supposition.
Constructions typiques :
« Sensé » est souvent suivi d’un complément ou utilisé de manière descriptive. Exemple :Un conseil sensé peut éviter des complications.
« Censé » est généralement suivi d’un verbe à l’infinitif. Exemple :Le client est censé confirmer la commande avant 17 heures.
Problème sous-jacent
Homophonie : La prononciation identique des deux termes conduit à une erreur fréquente à l’écrit, notamment dans des contextes où les deux pourraient sembler corrects.
Méthode pour éviter l’erreur
Remplacez le mot par un synonyme pour vérifier le sens :
Si « raisonnable » fonctionne → sensé.
Si « supposé » fonctionne → censé.
« Ceci dit » vs. « Cela dit »
Niveau de difficulté : 3/5 🤨
Introduction
Vous avez peut-être déjà entendu ou lu : « Ceci dit, je ne suis pas d’accord. » Bien que cette tournure soit utilisée par certains, elle est incorrecte. La locution correcte est « Cela dit », qui renvoie à ce qui a été mentionné précédemment.
Explication linguistique simplifiée
Usage de « ceci » :
Ceci est utilisé pour annoncer quelque chose à venir. Exemple correct :Ceci représente une étape essentielle du projet.
En ce sens, « ceci dit » ne peut pas être utilisé pour introduire une nuance sur ce qui a été mentionné.
Usage de « cela » :
Cela renvoie à quelque chose qui a été dit ou évoqué précédemment.
La locution « Cela dit » signifie « après avoir dit cela », et s’utilise pour introduire une restriction ou une nuance par rapport à ce qui vient d’être dit. Exemple correct :Le rapport est incomplet. Cela dit, il contient des idées intéressantes.
Pourquoi « ceci dit » est incorrect :
Dire « ceci dit » revient à employer ceci de manière inappropriée, car la phrase réfère à ce qui précède et non à ce qui suit.
Problème sous-jacent
Simplification dans le langage oral : À l’oral, « ceci » et « cela » sont parfois perçus comme interchangeables, ce qui favorise la confusion dans des expressions courantes.
Langage relâché : L’absence de correction ou de mise en évidence de cette nuance dans des contextes informels contribue à l’ancrage de cette faute.
Méthode pour éviter l’erreur
Demandez-vous si la phrase introduit une remarque sur ce qui a été dit précédemment (→ cela) ou annonce un point à venir (→ ceci).
Faux amis intralinguistiques : éviter les confusions de sens
Niveau de difficulté : 3/5 🤨
Introduction
« Je suis confus… ou embarrassé ? Vous avez gradé vos copies, ou vous les avez graduées ? » Ces erreurs sont souvent liées à des mots proches ou à des influences linguistiques. Voici une liste non exhaustive pour clarifier ces confusions.
Explication linguistique simplifiée
Grader vs. Graduer :
Grader est un anglicisme emprunté à to grade, qui signifie attribuer une note ou un rang. Exemple erroné :Elle a gradé les devoirs. Exemple corrigé :Elle a noté les devoirs.
Graduer signifie « diviser en degrés » ou « ajuster progressivement ». Exemple :Graduer la température d’un appareil.
Confus vs. Embarrassé :
Confus signifie « manquant de clarté ». Exemple :Son explication était tellement confuse qu’elle a semé le doute.
Embarrassé signifie « gêné », « mal à l’aise ». Exemple erroné :Il était confus de ne pas avoir préparé sa présentation. Exemple corrigé :Il était embarrassé de ne pas avoir préparé sa présentation.
Inclination vs. Inclinaison :
Inclination désigne un penchant, une tendance naturelle ou un goût. Exemple :Il a une inclination naturelle pour l’écriture.
Inclinaison désigne un angle physique, une pente ou une position oblique. Exemple :L’inclinaison du toit permet une meilleure évacuation de l’eau. Exemple erroné :L’inclinaison de son esprit pour la philosophie est remarquable. Exemple corrigé :L’inclination de son esprit pour la philosophie est remarquable.
À nouveau ou de nouveau ?
Niveau de difficulté : 3/5 🤨
Introduction
« Je vais essayer à nouveau… ou de nouveau ? » Ces deux expressions, bien que proches, ne sont pas interchangeables. Leur différence subtile réside dans le sens qu’elles véhiculent : à nouveau implique un changement dans la manière de faire, tandis que de nouveau désigne une répétition pure et simple. Décryptons cette nuance essentielle pour un usage précis.
Explication linguistique simplifiée
« À nouveau » : refaire différemment
À nouveau implique une notion de recommencement avec un changement dans l’approche ou la méthode.
Sens : « d’une manière nouvelle ». Exemple :Elle va préparer la présentation à nouveau. (Elle va la refaire, mais avec une approche différente.)
« De nouveau » : refaire identiquement
De nouveau exprime une répétition pure, sans changement par rapport à l’action initiale.
Sens : « encore une fois ». Exemple :Nous avons de nouveau vu ce film hier soir. (Nous l’avons regardé une fois de plus, de la même manière.)
Erreur fréquente : les employer indifféremment
Beaucoup de locuteurs utilisent à nouveau et de nouveau comme des synonymes, alors qu’ils traduisent des nuances différentes. Exemple erroné :Ils ont répété l’expérience à nouveau, sans modifier les conditions. Exemple corrigé :Ils ont répété l’expérience de nouveau, sans modifier les conditions.
Méthode pour éviter l’erreur
Analysez le contexte de l’action :
Y a-t-il une répétition avec un changement de méthode ? → Utilisez à nouveau.
Y a-t-il une répétition identique ? → Utilisez de nouveau.
Astuce :
Si le sens ne nécessite pas de nuance particulière, privilégiez de nouveau, qui est plus neutre.
« Amener » vs. « Apporter«
Niveau de difficulté : 3/5 🤨
Introduction
Avez-vous déjà entendu quelqu’un dire : « J’amène un gâteau à la fête » ? Si cette tournure vous semble naturelle, elle n’en est pas moins incorrecte. La confusion entre amener et apporter concerne souvent les objets inanimés qu’on dit « amener » par erreur. Pourtant, une distinction simple existe et permet d’éviter cette faute fréquente.
Explication linguistique simplifiée
Définitions pour les objets inanimés :
Apporter : Utilisé pour les objets inanimés. Il signifie porter quelque chose vers un lieu ou une personne. Exemple :Elle apporte une bouteille de vin au dîner.
Amener : Strictement réservé aux êtres animés. Il signifie mener ou conduire un être vivant vers un lieu ou une personne. Exemple :Ils amènent leur enfant à l’école.
Erreur fréquente :
Beaucoup de locuteurs utilisent amener à tort pour parler d’objets inanimés. Exemple erroné :Nous amenons les cadeaux à la réception. Exemple corrigé :Nous apportons les cadeaux à la réception.
Méthode pour éviter l’erreur
Posez-vous une question simple : Déplacez-vous un être vivant ou un objet ?
Si c’est un être vivant → amener.
Si c’est un objet → apporter.
Par extension :
Si vous vous éloignez d’un lieu avec un objet, utilisez emporter.
Si c’est avec un être vivant, utilisez emmener.
Légitimiser au lieu de légitimer, ou le barbarisme invisible
Niveau de difficulté : 3/5 🤨
Introduction
Avez-vous déjà utilisé le mot légitimiser en pensant qu’il était correct ? Bien que ce verbe semble logique et intuitif, il n’existe pas en français. C’est un exemple de barbarisme invisible, une erreur de formation de mots par analogie avec d’autres verbes en -iser. Voici quelques exemples fréquents pour mieux comprendre ces erreurs.
Quelques exemples de barbarismes invisibles
1. Légitimiser (au lieu de légitimer)
Erreur :Légitimiser est une invention incorrecte.
Explication : Le verbe exact est légitimer, qui signifie rendre légitime (conforme à la loi ou à la morale). Exemple incorrect :Ce discours cherche à légitimiser des comportements douteux. Correction :Ce discours cherche à légitimer des comportements douteux.
2. Globaliser (au lieu de généraliser ou mondialiser)
Erreur : Employé à tort pour signifier rendre global, globaliser est un calque de l’anglais to globalize.
Explication : En français, on utilise mondialiser pour un contexte international, ou généraliser pour étendre un principe. Exemple incorrect :Nous avons décidé de globaliser nos activités commerciales. Correction :Nous avons décidé de mondialiser nos activités commerciales.
3. Normaliser (mal utilisé au lieu de standardiser)
Erreur :Normaliser est parfois utilisé pour signifier standardiser, mais ces termes ne sont pas interchangeables.
Explication :Normaliser signifie rendre conforme à une norme, alors que standardiser désigne l’uniformisation d’un processus ou d’un produit. Exemple incorrect :Ils souhaitent normaliser les pratiques dans toute l’entreprise. Correction :Ils souhaitent standardiser les pratiques dans toute l’entreprise.
4. Impacter (au lieu d’affecter ou influencer)
Erreur : Verbe issu de impact, il est critiqué pour son usage simpliste et souvent calqué de l’anglais (to impact).
Explication : Bien que courant à l’oral, il est préférable d’utiliser des termes plus précis comme affecter ou influencer. Exemple incorrect :Les changements ont impacté la productivité de l’équipe. Correction :Les changements ont influencé la productivité de l’équipe.
5. Solutionnable (au lieu de résoluble)
Erreur : Ce néologisme spontané est souvent employé dans un langage relâché.
Explication : Le terme exact est résoluble, qui signifie susceptible d’être résolu. Exemple incorrect :Cette situation est solutionnable avec plus de temps. Correction :Cette situation est résoluble avec plus de temps.
Emploi incorrect de certaines locutions courantes
Niveau de difficulté : 3/5 🤨
Introduction
Certaines locutions françaises sont utilisées de manière impropre ou abusive. Le plus souvent, inconsciemment. Parmi elles, des expressions comme « de par », « au final », et « en termes de » sont les porte-étendards de ce genre d’erreur.
Explication linguistique simplifiée
« De par » :
Usage correct : Historiquement, « de par » signifie « au nom de » ou « par l’autorité de », utilisé dans des expressions comme « de par le roi ». Aujourd’hui, son emploi est limité et souvent critiqué lorsqu’il est utilisé pour signifier « en raison de » ou « à cause de ». Exemple correct :« De par son autorité, il imposa cette décision. » Exemple incorrect :« De par son expérience, elle a obtenu ce poste. » Recommandation : Il est préférable d’utiliser des expressions comme « en raison de », « à cause de », ou « grâce à », selon le contexte.
« Au final » :
Bien que couramment utilisé pour signifier « finalement », « au final » est critiqué par certains puristes. Des alternatives plus neutres et recommandées incluent « en fin de compte », « finalement », ou « au bout du compte ». Exemple recommandé :« Finalement, le projet a été annulé. » Recommandation : Préférez « en fin de compte », « finalement », ou « au bout du compte ».
« En termes de » :
Usage correct : Cette locution signifie « du point de vue de » ou « dans le domaine de ». Son emploi doit être précis et pertinent. Exemple correct :« En termes de performance, cette voiture est impressionnante. » Exemple incorrect :« En termes de météo, il fait assez beau aujourd’hui. » Recommandation : Utilisez cette locution uniquement lorsque vous vous référez spécifiquement à un domaine ou à un point de vue particulier.
Problème sous-jacent
Influence de l’oralité et des médias : l’usage répété de ces expressions dans les médias et les conversations informelles conduit à leur adoption, parfois incorrecte, dans le langage écrit.
Méthode pour éviter l’erreur
Pour « de par » : remplacez par « en raison de », « à cause de », ou « grâce à », selon le contexte.
Pour « au final » : préférez « en fin de compte », « finalement », ou « au bout du compte ».
Pour « en termes de » : assurez-vous que l’expression est pertinente et spécifique au domaine ou au point de vue évoqué.
« Le peu de » suivi du singulier vs. « Peu de » suivi du pluriel
Niveau de difficulté : 3/5 🤨
Introduction
Avez-vous déjà hésité entre « Le peu de choses qu’il savait suffisait » et « Le peu de choses qu’il savait suffisaient » ? Ou entre « Peu d’élèves est venu » et « Peu d’élèves sont venus » ? Ces constructions, bien que proches, obéissent à des règles grammaticales et sémantiques distinctes qui méritent une attention particulière.
Explication linguistique simplifiée
Règle générale pour « Le peu de » (singulier) :
« Le peu de » est considéré comme une unité abstraite (le manque ou l’insuffisance).
Par conséquent, le verbe s’accorde au singulier. Exemples corrects :
Le peu de patience qu’elle montrait était remarquable.
Le peu d’argent qu’il possédait suffisait à ses besoins.
Règle générale pour « Peu de » (pluriel) :
« Peu de » désigne une petite quantité ou un groupe d’éléments. Le verbe s’accorde au pluriel. Exemples corrects :
Peu de spectateurs ont applaudi à la fin du film.
Peu de maisons ont été épargnées par la tempête.
Cas particuliers :
Lorsque « le peu de » est suivi d’un nom collectif, le sens peut influencer l’accord. Exemples :
Le peu d’amis qu’il avait l’a aidé dans ce moment difficile. (insistance sur le manque → singulier)
Le peu d’amis qu’il avait ont pris soin de lui. (insistance sur les amis → pluriel accepté dans l’usage moderne)
Problème sous-jacent
Ambiguïté contextuelle : Le choix entre le singulier et le pluriel dépend du sens que le locuteur souhaite transmettre. Cela crée une zone grise, surtout dans des phrases où les deux interprétations sont possibles.
Méthode pour éviter l’erreur
Identifiez si l’expression traduit une unité abstraite (singulier) ou une quantité concrète (pluriel).
Pluriel des noms composés
Niveau de difficulté : 3/5 🤨
Introduction
« Des couvre-lits… ou des couvres-lits ? » Si vous avez déjà hésité face au pluriel d’un nom composé, c’est normal : cette règle est l’un des casse-têtes les plus fréquents de la langue française. Avec plusieurs types de noms composés et des exceptions, il est facile de se tromper. Décryptons ensemble cette difficulté.
Explication linguistique simplifiée
Règle générale :
Le pluriel d’un nom composé dépend de la nature grammaticale de ses éléments :
Deux noms sans préposition : Ils prennent généralement tous les deux la marque du pluriel. Exemple :des wagons-restaurants (les deux éléments sont des noms, tous deux au pluriel).
Verbe ou préposition + nom : Ces derniers restent invariables. Seul le nom est mis au pluriel. Exemple avec verbe :des ouvre-boîtes (ouvre= verbe, reste invariable ; boîtes = nom, au pluriel).
Exemple avec préposition : des pieds-à-terre (seule la partie nominale s’accorde au pluriel).
Cas des adjectifs dans les noms composés :
Lorsque le nom composé inclut un adjectif, l’adjectif s’accorde avec le nom en genre et en nombre. Exemple :des basses-cours (basses s’accorde avec cours car il qualifie directement ce nom).
Exceptions fréquentes :
Certaines locutions composées restent invariables, même au pluriel, car elles sont figées dans l’usage. Exemple : des tête-à-tête, des va-et-vient.
Problème sous-jacent
Ces erreurs proviennent d’une méconnaissance des règles spécifiques aux noms composés, qui varient selon la nature grammaticale des éléments. La multiplicité des cas particuliers rend cette règle complexe.
Méthode pour éviter l’erreur
Deux noms sans préposition → mettez les deux au pluriel (wagons-restaurants).
Verbe ou préposition + nom → mettez uniquement le nom au pluriel (sèche-cheveux).
Adjectif + nom → accordez l’adjectif avec le nom en genre et en nombre (basses-cours).
Accord des adjectifs de couleur composés
Niveau de difficulté : 4/5 🫣
Introduction
« Des robes bleues claires… ou des robes bleu clair ? » Si cette hésitation vous parle, vous n’êtes pas seul(e). Les adjectifs de couleur composés sont une vraie source de confusion, même pour des locuteurs natifs aguerris.
Explication linguistique simplifiée
Règle générale :
Les adjectifs de couleur composés (formés de deux mots ou plus) sont invariables, quelle que soit la nature de leurs éléments. Cela s’applique dans deux cas principaux :
Si le second élément est un adjectif précisant la nuance de la couleur : Exemple :Des chemises rouge vif.
Si le second élément est un nom servant à décrire la couleur : Exemple :Des rideaux gris perle.
Exception :
Lorsque deux adjectifs de couleur sont coordonnés par et, chacun s’accorde indépendamment avec le nom. Exemple :Des rideaux noirs et rouges.
Erreur fréquente :
L’erreur courante consiste à accorder les adjectifs de couleur composés comme s’ils suivaient la règle générale des adjectifs simples. Exemple erroné :Des chemises jaunes pâles. Exemple corrigé :Des chemises jaune pâle.
Méthode pour éviter l’erreur
Identifiez les adjectifs de couleur composés (deux mots ou plus).
Si le second élément est un adjectif ou un nom servant à préciser la nuance, ne faites pas d’accord : l’ensemble est invariable.
Si deux adjectifs sont coordonnés par et, accordez-les séparément avec le nom.
Accord du participe passé des verbes pronominaux
Niveau de difficulté : 4/5 🫣
Introduction
« Elles se sont lavées les mains… ou elles se sont lavé les mains ? » Si cette question vous fait hésiter, rassurez-vous : vous n’êtes pas seul(e) ! L’accord du participe passé des verbes pronominaux est l’un des casse-têtes les plus courants de la langue française.
Explication linguistique simplifiée
Règle générale :
Les verbes pronominaux se divisent en deux catégories :
Les verbes essentiellement pronominaux (s’enfuir, se souvenir). Le participe passé s’accorde toujours avec le sujet. Exemple :Ils se sont aperçus de l’erreur.
Les verbes occasionnellement pronominaux (se laver, se dire). L’accord dépend de la position d’un complément d’objet direct (COD).
Si le COD est avant le verbe : accord avec ce complément. Exemple :Elle s’est lavée (elle-même).
Si le COD est après le verbe ou absent : pas d’accord. Exemple :Elle s’est lavé les mains.
Cas particuliers :
Faire + infinitif / Laisser + infinitif : Pas d’accord. Exemple :Ils se sont laissé convaincre par l’argument.
Se rendre compte : Toujours invariable. Exemple :Elles se sont rendu compte de l’ampleur du problème.
Se souvenir + de : Accord avec le sujet. Exemple :Ils se sont souvenus des événements passés.
Méthode pour éviter l’erreur
Identifiez le type de verbe.
Recherchez un COD.
Analysez sa position pour appliquer la règle appropriée.
L’accord du participe passé avec « en » COD placé avant le verbe
Niveau de difficulté : 4/5 🫣
Introduction
« Des pommes, j’en ai mangées… ou mangé ? » Ce type d’accord semble logique mais est pourtant incorrect. L’accord du participe passé avec « en » est une exception importante qui mérite une attention particulière pour éviter cette erreur.
Explication linguistique simplifiée
Règle générale :
Lorsque le pronom « en » est utilisé comme complément d’objet direct (COD) et est placé avant le verbe, le participe passé reste invariable.
Pourquoi ? « En » ne représente pas un genre (masculin ou féminin) ni un nombre (singulier ou pluriel). Exemple correct :Des cerises, j’en ai cueilli. Ici, « en » remplace « des cerises », et le participe passé « cueilli » reste invariable.
Quantité explicite : Si un autre complément explicite la quantité, l’accord avec « en » reste invariable. Exemple :Des gâteaux, j’en ai goûté plusieurs.
Méthode pour éviter l’erreur
Vérifiez si « en » est utilisé dans la phrase. Si « en » est le COD, le participe passé reste invariable.
« Réaliser » au sens de « se rendre compte » (anglicisme)
Niveau de difficulté : 4/5 🫣
Introduction
« Je n’ai pas réalisé qu’il était si tard… » Cette phrase vous semble naturelle ? Pourtant, en français, il s’agit d’un usage incorrect du verbe réaliser, et témoigne d’une confusion sémantique avec se rendre compte. Cette erreur n’est pas “complexe” dans le sens où elle disposerait d’une correction difficile à assimiler, mais plutôt au sens de sa persistance tenace dans nos habitudes de langage.
Explication linguistique simplifiée
Sens propre du verbe « réaliser » : En français, réaliser signifie « rendre réel, concrétiser quelque chose » ou encore « diriger une œuvre artistique ». Exemples corrects :
Ils ont réalisé leur projet de voyage autour du monde. (rendre réel, concrétiser)
Elle a réalisé une série documentaire captivante. (produire une œuvre artistique)
Le problème de l’anglicisme :
En français, réaliser n’a pas le sens de « prendre conscience » ou « se rendre compte ». Cette confusion est une traduction littérale erronée de l’anglais (to realize).
La bonne expression pour exprimer l’idée de prise de conscience est se rendre compte. Exemple incorrect :Ils n’ont pas réalisé qu’ils étaient en retard. Correction :Ils ne se sont pas rendu compte qu’ils étaient en retard.
Pourquoi cette confusion persiste :
L’exposition croissante à l’anglais via les films, séries, et plateformes numériques normalise cet usage fautif.
À l’oral, cette tournure passe souvent inaperçue car elle reste compréhensible dans le contexte.
Méthode pour éviter l’erreur
Demandez-vous si réaliser pourrait être remplacé par concrétiser dans le contexte. Si ce n’est pas le cas, utilisez se rendre compte.
Opportunité (au sens d’occasion favorable)
Niveau de difficulté : 4/5 🫣
Introduction
Après l’anglicisme « réaliser » utilisé à tort pour « se rendre compte », voici un autre cas courant d’influence de l’anglais : « opportunité », souvent employé à la place d’« occasion favorable ». Bien que répandu, cet usage demeure fautif dans un français soigné et mérite d’être corrigé.
Explication linguistique simplifiée
Sens propre du mot « opportunité » en français : Opportunité désigne le caractère approprié ou favorable d’une action ou d’une décision dans un contexte donné. Exemple correct :
L’opportunité de ce projet stratégique sera évaluée lors de la réunion. (l’à-propos ou le caractère opportun du projet)
Confusion avec « occasion » : En français, pour désigner une chance ou une circonstance favorable, on utilise des termes comme :
Occasion :Ce voyage est une occasion unique de découvrir une nouvelle culture.
Possibilité :Cette offre représente une possibilité à explorer.
Problème sous-jacent
Influence de l’anglais : Dans un contexte de globalisation et d’usage croissant de l’anglais, cet anglicisme est particulièrement fréquent dans les milieux professionnels.
Perception moderne : À force d’être utilisé dans ce sens élargi, opportunité commence à être accepté dans l’usage courant. Cependant, cette évolution n’est pas encore entérinée par les normes linguistiques.
Méthode pour éviter l’erreur
Demandez-vous si opportunité pourrait être remplacé par à-propos ou pertinence. Si ce n’est pas le cas, utilisez occasion ou possibilité.
L’accord du participe passé avec un infinitif
Niveau de difficulté : 5/5 🤯
Introduction :
« L’équipe que j’ai vue gagner… ou que j’ai vu gagner ? Cette règle est l’une des plus délicates de la grammaire française. Quand le participe passé est suivi d’un infinitif, son accord dépend du rôle exact du complément d’objet direct (COD). Voyons comment démêler cette subtilité syntaxique. »
Explication linguistique simplifiée :
Règle générale : L’accord du participe passé suivi d’un infinitif dépend du lien entre le COD et l’action exprimée par l’infinitif :
Le COD fait l’action de l’infinitif → accord.
Exemple : L’équipe que j’ai vue gagner. (L’équipe fait l’action de gagner → accord avec vue.)
Le COD ne fait pas l’action de l’infinitif → pas d’accord.
Exemple : Les décisions que j’ai vu prendre. (Les décisions ne prennent pas elles-mêmes → pas d’accord avec vu.)
Erreurs fréquentes :
Confusion avec la règle générale d’accord du participe passé : beaucoup de locuteurs accordent systématiquement le participe passé avec le COD, sans tenir compte de l’infinitif.
Problème sous-jacent :
Cette règle nécessite une analyse syntaxique fine pour déterminer le rôle du COD par rapport à l’infinitif. Elle est d’autant plus complexe qu’elle concerne un cas spécifique, rendant son application intuitive difficile. De plus, sa proximité avec d’autres règles d’accord du participe passé renforce les confusions.
Méthode pour éviter l’erreur
Identifiez le COD et son rôle :
Si le COD fait l’action de l’infinitif, accordez le participe passé.
Si le COD ne fait pas l’action de l’infinitif, laissez le participe passé invariable.
Avez-vous bien lu cet article ? Passez le quiz !
Question 1 : Après que + indicatif : Quelle phrase est correcte ?
A) Après qu’il soit parti, j’ai fermé la porte.
B) Après qu’il est parti, j’ai fermé la porte.
Question 2 : « Sensé » ou « Censé » : Quelle phrase est correcte ?
A) Il est sensé arriver à l’heure.
B) Il est censé arriver à l’heure.
Question 3 : « Cela dit » vs. « Ceci dit » : Quelle phrase est correcte ?
A) Ceci dit, je ne suis pas convaincu.
B) Cela dit, je ne suis pas convaincu.
Question 4 : Faux amis : Grader vs. Graduer : Quelle phrase est correcte ?
A) L’ouvrier a gradé l’inclinaison de la rampe.
B) L’ouvrier a gradué l’inclinaison de la rampe.
Question 5 : « À nouveau » ou « De nouveau » : Quelle phrase est correcte ?
A) Il a essayé à nouveau, avec une autre méthode.
B) Il a essayé à nouveau, de la même manière.
Question 6 : Amener ou Apporter : Quelle phrase est correcte ?
A) J’amène un gâteau à la fête.
B) J’apporte un gâteau à la fête.
Question 7 : Légitimiser ou Légitimer : Quelle phrase est correcte ?
A) Cette décision vise à légitimer une pratique courante.
B) Cette décision vise à légitimiser une pratique courante.
Question 8 : Locutions incorrectes : « En termes de » : Quelle phrase est correcte ?
A) En termes de météo, il a fait beau hier.
B) Pour la météo, il a fait beau hier.
Question 9 : « Le peu de » ou « Peu de » : Quelle phrase est correcte ?
A) Le peu de choses qu’il possédait lui suffisait.
B) Le peu d’efforts de choses qu’il possédait lui suffisaient.
Question 10 : Pluriel des noms composés : Quelle phrase est correcte ?
A) Des wagons-restaurants.
B) Des wagon-restaurants.
Question 11 : Adjectifs de couleur composés : Quelle phrase est correcte ?
A) Des murs vert foncé.
B) Des murs verts foncés.
Question 12 : Participe passé des verbes pronominaux : Quelle phrase est correcte ?
A) Elles se sont lavées les mains.
B) Elles se sont lavé les mains.
Question 13 : « En » COD placé avant le verbe : Quelle phrase est correcte ?
A) Des pommes, j’en ai mangées.
B) Des pommes, j’en ai mangé.
Question 14 : Réaliser au sens de « se rendre compte » : Quelle phrase est correcte ?
A) Je ne me suis pas rendu compte de son absence.
B) Je n’ai pas réalisé son absence.
Question 15 : Opportunité au sens d’ »occasion » : Quelle phrase est correcte ?
A) Ce voyage est une opportunité incroyable.
B) Ce voyage est une occasion incroyable.
Question 16 : Participe passé suivi d’un infinitif : Quelle phrase est correcte ?